Une explosion dans une usine textile fait huit morts

Un membre des équipes de secours, au centre des décombres après l’explosion
Photo: Fahad Kaizer Agence France-Presse Un membre des équipes de secours, au centre des décombres après l’explosion

Dacca — Au moins 8 personnes ont été tuées et 50 autres blessées lundi lors de l’explosion d’une chaudière dans une usine textile au Bangladesh, ont annoncé les autorités alors que les grandes marques de l’industrie textile annonçaient il y a quelques jours le renouvellement d’un accord visant à améliorer la sécurité des travailleurs de ce secteur.

Plusieurs dizaines d’employés étaient présents dans cette usine de six étages située dans une zone industrielle en périphérie de Dacca lorsque l’explosion s’est produite.

« C’est une scène effroyable. Les pompiers sont sur place et portent secours [aux victimes]. La chaudière de l’usine a explosé et la déflagration a affecté des bâtiments aux alentours », a déclaré à l’AFP Harunur Rashid, un responsable de la police.

L’usine appartient à la société Multifabs, dont la plupart des clients sont des marques européennes, selon son site Internet.

« Huit personnes ont été tuées et une cinquantaine blessées. Six corps ont été découverts sur le site et deux décès constatés à l’hôpital. Parmi les victimes se trouvent des passants qui marchaient devant l’usine » quand l’explosion a eu lieu, a indiqué Mohammad Akhteruzzaman, chef adjoint des pompiers.

L’explosion a notamment détruit « un toit et plusieurs murs ».

Al Amin, employé d’une autre usine textile toute proche, a expliqué à l’AFP qu’il assistait à la prière du soir dans une mosquée à 300 mètres de l’usine sinistrée lorsque l’explosion s’est produite.

« Je me suis précipité pour voir ce qu’il se passait et j’ai vu beaucoup de fumée. J’ai vu que les blessés étaient en sang et j’ai tout de suite appelé les pompiers », a-t-il dit.

Selon Mesba Faruqui, le directeur de l’usine, le site principal était fermé lundi, mais des employés effectuaient des travaux de maintenance sur la chaudière.

Après l’accord

Les grandes marques textiles internationales ont renouvelé jeudi dernier un accord mondial visant à renforcer la sécurité dans l’industrie textile au Bangladesh, signé après l’effondrement d’un immeuble en 2013 qui avait fait plus de 1000 victimes, a indiqué l’OCDE.

« L’Accord Bangladesh, qui arrivait à échéance en 2018, a été renouvelé jusqu’en 2021 », a indiqué à l’AFP une source de l’OCDE. La secrétaire générale adjointe de la confédération internationale des syndicats, Jenny Holdcroft, a annoncé la nouvelle lors d’un forum sur « la conduite responsable des entreprises ».

Cet accord a été signé par une douzaine de marques, dont les plus importantes du secteur, comme H&M, Inditex (Zara), C&A, Primark ou encore Lidl. D’autres comme Esprit, Schmidt Group ou Wibra se sont engagées à le signer aussi.

Il y a quatre ans, ces groupes textiles s’étaient engagés à renforcer la sécurité au Bangladesh, deuxième pays exportateur au monde de vêtements.

Dès 1976, l’OCDE avait diffusé des règles à l’attention des entreprises multinationales. Modifiées une cinquième fois en 2011, elles concernent les droits de la personne, l’emploi et les relations industrielles, l’environnement, la lutte contre la corruption, les intérêts des consommateurs, la fiscalité, les transferts de technologies.

Les 35 pays membres de l’OCDE y adhèrent, plus une dizaine d’autres. Le Bangladesh est le deuxième pays exportateur de textile au monde, derrière la Chine, et les conditions de travail qui y règnent sont souvent montrées du doigt.