Une partie du défilé de la St-Jean suscite une controverse sur la diversité

Les joueurs de l'équipe de football de l'école Louis-Joseph Papineau ont également poussé un char allégorique à thématique sportive.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les joueurs de l'équipe de football de l'école Louis-Joseph Papineau ont également poussé un char allégorique à thématique sportive.

Plusieurs centaines de Montréalais se sont entassés samedi le long de la rue Saint-Denis, à Montréal, pour assister au défilé traditionnel la Fête nationale, qui rendait un hommage particulier à la métropole du Québec qui fête cette année son 375e anniversaire. Les festivités ont toutefois été assombries par une controverse qui a pris naissance sur les réseaux sociaux.

Un citoyen a filmé le char allégorique sur lequel était Annie Villeneuve, qui était tiré presque exclusivement par de jeunes Noirs. La vidéo a été visionnée près de 440 000 fois et partagée à plus de 7600 reprises en l'espace de 5 heures sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont fait un lien entre ces images et l’esclavage, alors que d’autres ont déploré le manque de diversité au défilé.

« J'pas sûr que les organisateurs de la parade ont compris le concept de diversité », a écrit Félix Brouillet, l'internaute qui a publié la vidéo.

Regardez la vidéo :


Vives réactions
« Les personnes qui poussent les chariots ne sont pratiquement toutes noires [...]. Toutes les personnes au-dessus sont blanches, a noté l'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec sur sa page Facebook. On dit quoi à l'enfant noir qui est tout content d'aller célébrer la fête nationale? »



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Dans un message publié en début de soirée samedi, les membres du Comité de la Fête nationale se sont dits « profondément désolés » que la vidéo ait « choqué plusieurs personnes ». Ils ont toutefois tenu à préciser que l'ensemble des chars allégoriques étaient poussés par des citoyens et qu'ils avaient fait appel à l'équipe sportive de l'école secondaire Louis-Joseph Papineau pour « relever le défi ». « Il va de soi que ces jeunes [...] n'ont pas été choisis en fonction de la couleur de leur peau », se défendent-ils.



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Des accusations « injustes »
Maxime Laporte, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, l’organisatrice du défilé, a rejeté les accusations, les qualifiant « d’injustes » et « d’exagérées ». Selon lui, il s’agit d’un pur hasard si des Noirs se sont retrouvés à tirer le char.

 

Ces jeunes avaient été recrutés à l’aide de l’Association pour la persévérance scolaire de l’école Louis-Joseph Papineau, dans le quartier Saint-Michel, « où il y a une majorité de gens qui sont des personnes racisées », a expliqué M. Laporte.

 

« Il faut regarder la chose dans son ensemble, il faut regarder tout le contexte du défilé. C’est un magnifique défilé qui représente dignement la diversité. On appelle le monde à faire preuve de jugement dans les circonstances ».
 

Sterve Lubin, entraîneur en chef de football de l’école Louis-Joseph Papineau semblait déçu de la controverse, qu’il n’a jamais vue venir.

 

« Quand les jeunes poussent, je ne vois pas la couleur. Ce sont les participants. Ça a adonné que mes jeunes poussaient et que sur le char, il y avait des personnes de couleur blanche. Si ça avait été l’inverse, est-ce qu’on aurait eu la même discussion ? Je ne suis pas sûr », a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.