Nouveau chapitre dans l’affaire Maillé

Une étude d’une chercheuse de l’Université du Québec à Montréal s’est trouvée au coeur d’une poursuite collective.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Une étude d’une chercheuse de l’Université du Québec à Montréal s’est trouvée au coeur d’une poursuite collective.

Marie-Ève Maillé, une chercheuse de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), tente de faire annuler une ordonnance de la cour la sommant de fournir des données de recherche à l’entreprise Éoliennes de l’Érable.

La chercheuse avait produit une étude sur l’acceptabilité sociale d’un projet éolien qui s’est trouvé au coeur d’une poursuite collective contre l’entreprise dans le Centre-du-Québec. Aujourd’hui professeure associée à l’UQAM, elle avait réalisé cette recherche dans le cadre de sa thèse de doctorat.

Appelée à la barre comme témoin expert, Mme Maillé a parlé des témoignages recueillis parmi les opposants au projet éolien.

Les avocats avaient ensuite réclamé d’avoir accès à la totalité des données. En janvier 2016, le juge Marc Saint-Pierre leur avait donné raison et Mme Maillé cherche aujourd’hui à la faire annuler devant le même juge à Victoriaville.

Mercredi, plusieurs ténors du milieu de la recherche sont venus appuyer sa demande en rejet, soit des représentants du Fonds de recherche du Québec, de l’Association canadienne des professeurs d’Université et de l’Université du Québec à Montréal.


Réactions chez les scientifiques 

Ces derniers mois, la cause de Mme Maillé a suscité beaucoup de réactions dans la communauté scientifique. « Ça a certainement eu pour effet une certaine prise de conscience chez les chercheurs », constate Mme Maillé. Cette dernière craint que cela fasse hésiter des collègues à participer à des procès, et au surplus que des gens hésitent à participer à des études comme la sienne. « Ce serait dommage parce que les scientifiques, on a un rôle social à jouer », dit-elle.

Le juge a pris la cause en délibéré et la plaignante s’attend à voir la décision rendue d’ici quelques mois.

5 commentaires
  • Daniel Cyr - Abonné 19 mai 2017 07 h 11

    Bonne chance Mme Maillé

    C'est une cause qui concerne plus de gens qu'on pense à prime abord, je considère cette cause comme un affront à la démocratie et aux principes mêmes de la science. Merci Mme Porter de faire un suivi de ce dossier.

  • Serge Morin - Inscrit 19 mai 2017 07 h 59

    Pourquoi ne veut-elle pas donner ces données?

    • Pascale Tremblay - Abonnée 19 mai 2017 12 h 53

      Les noms des participants de recherche et leurs informations doivent être protégés, et ce sont les comités d'éthique en recherche qui s'en assurent. Le Québec est d'ailleurs très avancé dans le domaine de l'éthique en recherche. Aucun des participants de ce projet n'a consenti à ce que son nom et ses informations soient divulgués publiquement, il s'agit donc d'une violation du respect de la confidentialité. Cette confidentialité est un contrat entre le chercheur et ses participants et il est sacré. C'est parce que les participants comprennent que leur identité est confidentielle et que leurs résultats ne seront utilisés qu'à des fins de recherche qu'ils participent aux projets de recherche.
      Madame Maillé, je vous souhaite bonne chance et vous appuie dans votre démarche. Le Québec ne doit pas violer ses propres principes et il doit continuer à protéger la recherche scientifique et les participants de recherche.

  • Bernard Terreault - Abonné 19 mai 2017 13 h 12

    Principe éthique

    Si une recherche a été financée par l'argent du PUBLIC, le PUBLIC au complet a droit à en connaître tous les résultats, sauf peut-être pour les données nominatives des répondants. La science est faite pour être propagée pas cachée.
    (un chercheur retraité).

    • Guillaume Bachand Martinez - Abonné 19 mai 2017 17 h 22

      Sauf que les résultats sont déjà publics. Seules les données ne le sont pas.