Les policiers pleurent trois autres morts

Des policiers gardaient l’entrée des urgences de l’hôpital où les agents blessés étaient soignés.
Photo: Gerald Herbert Associated Press Des policiers gardaient l’entrée des urgences de l’hôpital où les agents blessés étaient soignés.

Nouvelle semaine, nouvelles victimes policières. Des six agents atteints par les balles d’un tireur à Baton Rouge, en Louisiane, trois ont trouvé la mort et l’un était toujours en situation critique au moment d’écrire ces lignes.

CNN a révélé que l’un des agents tombés, Montrell Jackson, 32 ans, avait justement écrit sur sa page Facebook la difficulté d’être policier et noir. « J’aime cette ville, mais je me demande si elle m’aime », se questionnait le policier.

Le drame s’est déroulé en moins de 10 minutes, vers 8 h 40, heure locale (9 h 40 HE), dans le stationnement d’un centre commercial à proximité d’une artère où avaient lieu les manifestations en réaction à la mort d’Alton Sterling, homme noir de 37 ans tué par la police de Baton Rouge le 5 juillet.

En conférence de presse en milieu d’après-midi, dimanche, les différents corps de police ont confirmé que le tireur abattu était le seul suspect, et qu’aucun autre tireur n’était actif à Baton Rouge. Cela a mis fin à plus de cinq heures de confusion et de spéculations quant au nombre de tireurs. Le maire Doug Cain a toutefois précisé : « Nous ne sommes pas prêts à affirmer qu’il [le tireur] a agi seul. » Deux autres personnes « d’intérêt » étaient détenues dans la ville voisine d’Addis, dimanche soir. Les autorités ont demandé aux médias de cesser de relayer de l’information non confirmée, précisant que le FBI et divers corps de police mèneront l’enquête.
 

 

Un suspect troublé

La police s’est abstenue, dimanche, de révéler l’identité du suspect abattu, décrit simplement comme étant lourdement armé au moment des faits, vêtu de noir et portant un masque. Divers médias américains ont tout de même rapporté l’identité du tireur, citant des sources proches de l’enquête. Il s’agirait de Gavin Eugene Long, un homme noir originaire de Kansas City, au Missouri qui devait célébrer son 29e anniversaire le jour même. Ex-marine, Long aurait rejoint les forces armées américaines en 2005 et aurait servi un an en Irak, selon les informations recueillies par le New York Times. Des policiers se sont rendus à son domicile de Kansas City, au Missouri, a rapporté pour sa part l’Associated Press.

En soirée, dimanche, des médias internationaux, dont The Guardian, ont révélé l’identité numérique de Gavin Eugene Long, qui publie sur le Web sous le nom « Cosmo Setepenra ». Son vaste legs numérique était toujours en ligne dimanche soir, et se décline sur un site Web, des enregistrements audio et vidéo et une présence active sur les principaux réseaux sociaux. On peut y lire un mélange d’appels à la révolte des Noirs américains et de confus conseils sur la spiritualité, la nutrition ou la séduction, le suspect se décrivant lui-même comme un « mâle alpha ». Dans une vidéo datée du 10 juillet, « Cosmo » prétend être allé à Dallas peu après la fusillade qui a tué cinq policiers, et mentionne plusieurs fois vouloir « éduquer son peuple ».

Un climat tendu

La fusillade s’est produite dans un contexte de climat social tendu aux États-Unis dans les dernières semaines. La vidéo de la mort d’Alton Sterling à Baton Rouge, alors qu’il était maintenu au sol par deux policiers blancs, a soulevé l’indignation de la communauté afro-américaine. Le lendemain, la diffusion en direct de la mort de Philando Castile, au Minnesota, avait été vue par des millions de personnes.

Les funérailles d’Alton Sterling ont eu lieu vendredi à Baton Rouge, après une semaine ponctuée par des manifestations pacifiques et l’arrestation de quatre personnes suspectées, justement, de complot afin d’assassiner des policiers. Parmi les suspects, des adolescents de 12, 13 et 17 ans, arrêtés par la police entre mardi et vendredi, avaient en leur possession plusieurs armes volées. Selon le New York Times, la police a utilisé cet incident pour justifier la forte présence policière et les techniques musclées utilisées aux dernières manifestations de Baton Rouge, ce qui a provoqué une avalanche de critiques.

Le Sud, dangereux pour les policiers

Selon le National Law Enforcement Officers Memorial Fund (NLEOMF), le nombre de policiers morts par balle en Louisiane cette année s’élève maintenant à sept, un bilan qui pourrait s’alourdir étant donné qu’un policier était dans un état critique dimanche soir. L’État du sud des États-Unis serait le deuxième plus meurtrier du pays pour les policiers, tout de suite après le Texas, où s’est produite la fusillade ayant tué cinq policiers le 7 juillet. Cette journée était la plus meurtrière pour un corps policier aux États-Unis depuis le 11 septembre 2001.

Les récents décès portent à 31 le nombre de policiers tués par balle depuis le début de l’année aux États-Unis. Selon le NLEOMF, le nombre de policiers abattus serait 72 % plus élevé qu’à la même période l’an dernier. Sur toute l’année 2013, par exemple, seuls 33 policiers ont été abattus par balle.

 

 

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1 commentaire
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 20 juillet 2016 12 h 35

    Belle tentative...

    Je n'ai jamais vu autant d'images de policiers noirs circuler que depuis quelque temps...

    Il paraît qu'une image vaut mille mots, ça marchera peut-être!..