Elabi dit qu’il n’avait pas d’intentions criminelles

Craignant un attentat terroriste, les policiers ont évacué mardi quelque 200 résidants, avant de fouiller la demeure du jeune homme.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Craignant un attentat terroriste, les policiers ont évacué mardi quelque 200 résidants, avant de fouiller la demeure du jeune homme.

Le jeune homme qui serait à l’origine d’un déploiement policier d’envergure, mardi dans Pierrefonds-Roxboro, s’est engagé à respecter une série de conditions, avant d’être libéré jeudi. L’étudiant de 20 ans a soutenu ne pas avoir d’intentions criminelles, a indiqué son avocat.

Omar Elabi avait été arrêté mardi à la suite d’une vaste opération policière réalisée dans cet arrondissement de l’ouest de l’île de Montréal. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) le soupçonne d’avoir diffusé une vidéo sur Facebook sur laquelle il manipulerait un objet ressemblant à un engin explosif.

Craignant un attentat terroriste, les policiers ont évacué quelque 200 résidants avant de fouiller la demeure du jeune homme. Aucun engin explosif n’a été découvert, mais Omar Elabi a tout de même été arrêté et détenu.

Sous le choc

Le jeune homme a comparu jeudi au palais de justice de Montréal et il a accepté de se plier à plusieurs conditions pour obtenir sa remise en liberté. « Il est sous le choc », a soutenu son avocat, Me Alexandre Goyette. « Il a été très surpris [par l’ampleur de l’opération policière]. Il ne s’attendait pas à ça. Il mentionne qu’il n’avait pas d’intentions criminelles. Il sera prudent à l’avenir. Je pense qu’il a compris. La population peut être rassurée qu’il va se tenir loin de tout ça et qu’il va respecter les conditions adéquatement. »

La population peut être rassurée qu’il va se tenir loin de tout ça et qu’il va respecter les conditions

 

L’accusation d’avoir fait craindre un attentat terroriste qui a été portée contre M. Elabi ne mènerait pas à un dossier criminel, a signalé Me Goyette.

Omar Elabi devra respecter certaines conditions, comme ne pas utiliser de connexion Internet sauf pour un travail « légitime et rémunéré » ou pour des travaux scolaires. Il ne pourra avoir recours à des logiciels permettant de changer ou de masquer son adresse IP. Il lui sera aussi interdit de consulter du matériel terroriste et d’avoir en sa possession des armes à feu ou de l’équipement permettant de fabriquer des engins explosifs.

« Il comprend la gravité quand même de l’accusation, mais il y a une non-reconnaissance des faits, a dit Me Goyette. Il aimerait qu’on respecte le fait qu’il est présumé innocent et n’avait aucune intention criminelle dans cette affaire-ci. »

Omar Elabi, qui est le frère cadet du djihadiste Sami Elabi, parti en Syrie en 2013, reviendra en cour le 30 mai prochain.

Entrée par effraction

Dans une autre affaire, Sidy Mouhamoud Keita a aussi comparu jeudi en cour. L’homme avait été arrêté mardi après avoir sauté une clôture du quartier général de la Gendarmerie royale du Canada, à Westmount. Il fait face à trois chefs d’accusation, soit introduction par effraction, harcèlement criminel, en plus d’avoir fait craindre un attentat terroriste.

Les enquêteurs ont rencontré des membres de sa famille qui auraient exprimé des inquiétudes à l’égard du comportement de M. Keita dans le passé. Le juge a ordonné une évaluation psychiatrique de l’accusé, à l’Institut Pinel, afin de déterminer s’il peut être tenu criminellement responsable de ses actes. Le dossier sera de retour en cour le 29 avril prochain. « On va attendre le rapport, mais on est d’opinion qu’il s’agit bien plus d’un problème de santé mentale que d’un problème de terrorisme, a indiqué son avocate, Me Vanessa Sadler. Il se souvient de ce qui s’est passé, mais, tant qu’il n’a pas vu un médecin, ça va être difficile pour lui d’avoir la perspective par rapport à ce qu’il a fait. »