Un autre psychiatre a le même diagnostic de schizophrénie

Un autre psychiatre qui a rencontré Luka Rocco Magnotta a conclu qu’il était en épisode psychotique lié à sa schizophrénie lorsqu’il a tué et démembré l’étudiant chinois Jun Lin.

Le docteur Joel Watts a rencontré Magnotta entre septembre 2012 et septembre 2013. Son évaluation lui a permis de conclure qu’alors que l’accusé était conscient de ce qu’il faisait, il ne pouvait pas comprendre que c’était mal.

Magnotta a avoué avoir tué Jun Lin en mai 2012, mais a plaidé non coupable pour cause d’aliénation mentale. La Couronne soutient que le meurtre était prémédité et délibéré.

M. Watts est le huitième témoin de la défense à se prononcer dans le procès pour meurtre au premier degré, qui concluait vendredi sa septième semaine. Son témoignage est semblable à celui d’une autre psychiatre de la défense, Marie-Frédérique Allard, qui a affirmé que la schizophrénie de Magnotta était hors de contrôle en mai 2012.

« Mon opinion sur l’état mental de M. Magnotta à ce moment-là, c’est qu’il souffrait d’un épisode de psychose aiguë, a-t-il affirmé. Il souffre de schizophrénie et, à ce moment-là [mai 2012], il souffrait d’une crise psychotique aiguë liée à sa schizophrénie. »

Selon lui, la psychose est liée à chacun des cinq chefs d’accusation contre Magnotta, soit meurtre prémédité, outrage à un cadavre, production et diffusion de matériel obscène, utilisation de la poste pour envoyer ce matériel et harcèlement du premier ministre Stephen Harper et de membres de son gouvernement.

« Malgré l’épisode psychotique de M. Magnotta à ces dates, mon opinion est qu’il savait physiquement ce qu’il faisait et qu’il en comprenait les conséquences, a ajouté M. Watts. Pour chacune des accusations, je ne pense pas qu’il savait que c’était mal, à cause de sa psychose. »

Joel Watts a accompagné la police de Montréal à Berlin pour mettre Magnotta en arrestation. Les autorités allemandes avaient décrété qu’il fallait qu’un psychiatre soit présent pour leur confier Magnotta, en juin 2012. Il a surveillé l’état de Magnotta durant le vol de retour au Canada.