Les locataires satisfaits, les propriétaires «consternés»

<span style=Entre 2000 et 2010, le prix des loyers a augmenté de 29 % pour l’ensemble du Québec, tandis que les revenus des locataires n’ont crû que de 21 % pour la même période, dit François Saillant du FRAPRU." height="527" width="398" class="img-responsive">
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Entre 2000 et 2010, le prix des loyers a augmenté de 29 % pour l’ensemble du Québec, tandis que les revenus des locataires n’ont crû que de 21 % pour la même période, dit François Saillant du FRAPRU.

Alors que les associations qui protègent les locataires accueillent favorablement la hausse de 0,8 % pour les logements chauffés prévue par la Régie du logement pour 2014, les associations de propriétaires, quant à elles, se disent « consternées » par ces prévisions.

 

En fait, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) va jusqu’à accuser la Régie du logement de ne plus être « digne de confiance », et même de « tripoter les rôles d’audience » de façon à ce que les causes pour loyer non payé ne soient pas entendues en priorité. Elle demande au ministre responsable, Sylvain Gaudreault,« d’apporter des changements à l’organisme ».

 

Hausse inégale

 

Pour le Front d’Action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le prix des loyers des locataires a passablement augmenté au cours de la dernière décennie, sans que leurs revenus suivent.

 

En fait, entre 2000 et 2010, le prix des loyers a augmenté de 29 % pour l’ensemble du Québec, tandis que les revenus des locataires n’ont crû que de 21 % pour la même période, dit François Saillant du FRAPRU. À Montréal, cet écart est encore plus criant, puisque les loyers ont augmenté de 31 % durant la même période, tandis que la hausse des revenus des locataires est de 19 %.

 

Par ailleurs, François Saillant souligne que les augmentations de loyer sont souvent, dans les faits, supérieures au taux annoncé par la Régie du logement. Celle-ci ne tient en effet pas compte des hausses liées aux rénovations ou à l’augmentation des comptes de taxes.

 

Cet état de fait est également relevé par la CORPIQ, qui reproche à la Régie du logement de « persister à effectuer des calculs hypothétiques qui induisent le public en erreur ».

 

Selon le FRAPRU, seulement 0,5 % des prix des logements sont déterminés par la Régie, les autres étant simplement fixés par les propriétaires. François Saillant ajoute qu’il est devenu courant que de « grosses compagnies » imposent des hausses de loyer de 100 $ par mois.

 

Les locataires choisissent alors souvent de s’en aller plutôt que de contester leur augmentation, ce qui laisse le champ libre au propriétaire pour reporter la hausse sur les prochains locataires.

 

L’Association des propriétaires du Québec se plaint quant à elle du taux de 2,5 % fixé par la Régie du logement en cas de rénovation majeure.