Un policier coupable d’usage frauduleux d’un ordinateur

Un enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Mario Lambert, a été reconnu coupable de trois accusations d’usage frauduleux d’un ordinateur pour accéder à des renseignements sensibles.

M. Lambert risque la destitution. Ses proches et lui sont abasourdis par le verdict rendu hier par le juge Jean-Pierre Dumais. « Je n’en reviens pas », a-t-il répété.


Mario Lambert comptait plusieurs informateurs et sources dans son réseau de contacts. Ses ennuis ont commencé en avril 2009. Deux informateurs du SPVM ont indiqué à un de ses collègues, le sergent détective Philippe Paul, qu’ils connaissaient des membres du crime organisé capables d’obtenir des informations du Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ), une base de données confidentielles.


Le suspect était un haut gradé de la place Versailles, où travaillent les enquêteurs des crimes majeurs. Il n’exigeait aucune compensation pour les informations transmises, un détail plutôt singulier.


Pour connaître l’identité de la taupe, les enquêteurs ont enrôlé les informateurs. À la demande du premier, Mario Lambert a consulté le CRPQ au sujet d’un véhicule de la Ville qui n’était pas en circulation, sans qu’il y ait un lien avec ses enquêtes.


Pour être certains de leur coup, les enquêteurs ont inscrit de fausses informations nominatives sur des plaques d’immatriculation créées de toutes pièces pour les fins de l’enquête. Ils ont ensuite donné le numéro des plaques factices au deuxième informateur, en lui demandant s’il était capable de soutirer de l’information à la taupe. Seul Mario Lambert a accédé au CRPQ pour trouver les renseignements. Il a été filmé à son insu par deux caméras installées dans son propre bureau.


Mario Lambert a toujours clamé son innocence lors du procès, qui s’est déroulé en bonne partie à huis clos. Il a reconnu avoir accédé au CRPQ dans l’exercice de ses fonctions, pour vérifier des informations acheminées par des sources crédibles. Comme les données étaient fictives pour deux des trois dossiers faisant l’objet d’accusations, il pouvait difficilement justifier sa consultation du CRPQ à des fins d’enquête, a dit le juge Dumais.


Le juge n’a pas cru à ses explications. « L’accusé s’est embrouillé dans d’invraisemblables explications, prétextant qu’il avait pris des notes qui ont mystérieusement disparu. Le tribunal est d’avis que ces notes n’ont jamais existé », a dit le juge, ajoutant que l’accusé a enfreint la loi en révélant à des tiers non autorisés des informations confidentielles. Les audiences en détermination de la peine auront lieu le 6 juillet.