Le Bonhomme Carnaval vire au vert

Québec — Le Carnaval de Québec déroge à sa traditionnelle neutralité politique pour s'associer cette année à la Fondation David Suzuki. Son combat: les conséquences du réchauffement climatique sur l'hiver et la programmation de l'événement.

La stratégie de la Fondation Suzuki est claire: se servir du Carnaval pour faire comprendre aux gens que le réchauffement climatique menace aussi «la culture de l'hiver». «La saison rétrécit, la couverture de neige diminue», a fait valoir le directeur de la Fondation au Québec, Karel Mayrand, lors d'un point de presse au Château Frontenac.

À l'exception des Jeux de Vancouver, c'est la première fois que la Fondation s'associe aussi directement à un événement de ce genre. Le message n'est toutefois pas nouveau. En 2009, la Fondation avait publié un rapport alarmiste sur la question intitulé «Protégeons nos hivers: les sports d'hiver et les changements climatiques».

Le bénéfice pour la Fondation est évident. Mais qu'en est-il du Carnaval? L'organisation n'a-t-elle pas toujours voulu se tenir à l'écart des débats politiques? Le président de l'événement, Jean-François Côté, dit ne pas transgresser de règle, la question n'étant pas politique selon lui.

Il souligne que l'organisation s'est dotée en 2007 d'une politique sur le développement durable et qu'elle offre désormais aux carnavaleux d'accéder aux sites de l'événement avec une navette.

D'emblée, la météo de cette année témoigne selon lui du dérèglement du climat. «On le voit jour après jour. Encore une fois cette année, les canons à neige sont arrivés plus tôt sur les Plaines.» Lorsqu'on demande au Bonhomme Carnaval s'il a peur de fondre, il répond pour sa part que, de toute façon, «à l'intérieur, il a le coeur chaud».

Baptisé «Sommet de l'hiver», l'événement organisé par la Fondation Suzuki aura lieu pendant la fin de semaine du 28 janvier. Sont prévus au programme une conférence gratuite de David Suzuki sur les changements climatiques (le vendredi 28 à l'Université Laval), un banquet de financement pour la Fondation (le samedi 29 au Château) et un match de hockey extérieur mettant en vedette les artistes Fred Fortin, Yann Perreau, deux gars des Trois Accords, Luc Brodeur-Jourdain des Alouettes et nul autre que Georges Laraque (à la patinoire de l'Esplanade le 30).

Confiants, les organisateurs parlent déjà de faire du Sommet un rendez-vous annuel et promettent qu'il aura éventuellement une programmation scientifique plus sérieuse. Hier, le directeur du Château est allé jusqu'à parler d'un futur «Davos du réchauffement de la planète pour l'Amérique du Nord».

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