SOS Orford s'oppose aux propositions du comité Nicolet

SOS Orford, la coalition estrienne qui dirige toujours l'opposition à la privatisation d'une partie du Parc du Mont-Orford, s'objecte aux propositions du comité Nicolet sur deux points majeurs.

D'une part, explique son porte-parole, Claude Allaire, le comité en question, formé très majoritairement d'hommes d'affaires et d'élus locaux, n'a pas jugé bon de recommander formellement dans son rapport que les 459 hectares expropriés par Québec soient réintégrés dans le territoire du parc national.

De plus, ajoute le porte-parole de SOS Orford, les téléphériques qu'on projette de construire pour relier les deux projets domiciliaires et hôteliers au centre de ski vont exiger des travaux de déboisement et de construction dans le parc, un précédent jugé dangereux pour le Parc du Mont-Orford et pour d'autres parcs nationaux. La veille, la Société pour la nature et les parcs (SNAP) soutenait aussi ce point de vue.

Enfin, le porte-parole de SOS Orford estime que le plan mis de l'avant par la MRC de Memphrémagog va exiger une contribution d'au moins cinq millions additionnels de fonds publics pour faciliter la réalisation des deux projets hôteliers et domiciliaires, dont celui du promoteur L'Espérance. Ce dernier a déjà touché 10 millions pour ses investissements antérieurs dans la station et il en exige 10 autres dans une poursuite intentée contre Québec.

«Ça suffit comme ça», lance Claude Allaire.

Un premier téléphérique serait construit à la base de la montagne pour relier le projet L'Espérance à la station de ski. Le deuxième serait situé au sommet de la station car les promoteurs du Projet Vert entendent développer un sommet voisin du parc. Ils voudraient pouvoir relier leur projet par un téléphérique qui permettrait à leurs clients d'arriver directement au sommet de la station de ski.

Le porte-parole de SOS Orford se demande pourquoi le comité Nicolet n'a pas jugé bon de mettre fin à la saga politique de la privatisation en recommandant fermement la réintégration des terrains privatisés sous le régime des parcs nationaux.

«Le problème, dit-il, c'est que dans dix ans, dans un autre contexte économique et social, cette porte ouverte risque fort de relancer le débat actuel sur l'avenir du parc. Québec doit régler ça une fois pour toutes et fermer la porte à toute forme de privatisation ou d'appropriation.»

SOS Orford veut rencontrer rapidement la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, pour connaître ses intentions sur cet aspect du dossier.

«Si Québec entend replacer les terrains expropriés dans le parc, le recours collectif intenté par des citoyens devient sans effet car ce qu'ils demandent, c'est le respect des engagements pris par Québec à leur endroit quand ils ont contribué financièrement à la création du parc.»

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