La planète n'a pas livré tous ses secrets

Le singe récemment découvert vit à quelque 2500 mètres d’altitude, à des températures parfois très basses.
Photo: Agence Reuters Le singe récemment découvert vit à quelque 2500 mètres d’altitude, à des températures parfois très basses.

Washington — Une nouvelle espèce de singes découverte dans les hauteurs du sud de la Tanzanie en 2004 est d'un genre unique jusque-là inconnu selon une analyse génétique, révèle une étude publiée hier aux États-Unis dans la revue Science.

Les scientifiques de la Société de protection de la faune (WCS) de l'université de Géorgie et ceux de Conservation International (CI), qui ont pour la première fois décrit l'animal en 2005, l'avaient classé comme appartenant au genre des mangabeys des montagnes, ou Lophocebus kipunji.

Peu après cette découverte, un des singes a été retrouvé mort, tué par un autochtone. Après un examen du tissu moléculaire du primate, l'équipe de chercheurs conduite par Tim Davenport, de la WCS, basée à New York, a conclu qu'il s'agissait d'un genre entièrement nouveau de singes.

Il a fallu créer un nouveau genre pour classer ces petits singes arboricoles. L'espèce est maintenant dénommée Rungwecebus kipunji. C'est la première fois en 83 ans, expliquent les chercheurs, qu'on découvre un nouveau groupe de primates en Afrique.

«Découvrir un nouveau genre du groupe des mammifères vivants le plus étudié est une leçon de modestie en nous montrant combien nous avons encore à apprendre de la biodiversité de notre planète», a souligné Link Olson, conservateur du musée d'histoire naturelle d'Alaska, un des auteurs de cette recherche.

De couleur gris brunâtre, ce singe omnivore mesure environ 90 cm à l'âge adulte et présente une longue crête de poils érigés sur la tête, des «favoris» sur les joues et des poils blanc cassé sur l'abdomen et au bout d'une très longue queue retournée. Il a un aboiement très puissant.