Élections municipales: tirs croisés sur la main-d’oeuvre et le tramway à Québec

Il s'agissait du premier débat de la campagne électorale municipale à Québec. Dans l’ordre sur la photo : Jean-François Gosselin, Marie-Josée Savard, Jean Rousseau, Jackie Smith et Bruno Marchand.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Il s'agissait du premier débat de la campagne électorale municipale à Québec. Dans l’ordre sur la photo : Jean-François Gosselin, Marie-Josée Savard, Jean Rousseau, Jackie Smith et Bruno Marchand.

Les cinq candidats à la mairie de Québec se sont affrontés pour la première fois mardi soir à l’occasion d’un débat télévisé dominé par les enjeux économiques, le transport et les compétences des uns et des autres.

Grâce à une formule de face-à-face variables, on a pu voir s’affronter les candidats dans toutes les directions mardi soir lors de ce débat.

Bruno Marchand de Québec Forte et Fière a accusé Jean-François Gosselin de Québec 21 d’être l’homme « d’un seul enjeu », le transport. Et l’autre de lui reprocher sa position ambiguë sur la gestion des taxes.

Marie-Josée Savard, elle, a questionné la volonté de Jean Rousseau (Démocratie Québec) de prolonger le parcours du tramway jusqu’à Marly, secteur sans potentiel de développement résidentiel.

Lors d’un autre échange, M. Rousseau a déclaré que l’administration Labeaume à laquelle appartient Mme Savard avait mal défendu le projet de tramway. « Les gens ne sont pas dans le coup », a-t-il dit.

Jackie Smith de Transition Québec, a quant à elle reproché à Bruno Marchand de ne pas avoir clairement pris position comme elle contre le projet de troisième lien. Ce dernier lui a rétorqué que c’était le projet du « gouvernement » et qu’on en connaîtrait plutôt la mouture finale aux prochaines élections dans quatre ans.

Pénurie de main-d’œuvre et manque de compétences

Premier débat de la campagne électorale municipale à Québec, l’évènement était organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) et de la Jeune Chambre de commerce de Québec. En raison de la pandémie, il se déroulait sans public dans un studio de télévision.

À l’exception de Jean-François Gosselin qui avait pris part au débat en 2017 face à Régis Labeaume et Anne Guérette, les candidats vivaient tous leur baptême en matière de débats télévisés.

La question de l’expérience politique a d’ailleurs pris une place notable dans les échanges. M. Gosselin, qui s’était beaucoup fait attaquer sur ce plan il y a quatre ans, a mis de l’avant ses compétences acquises dans l’opposition en répétant qu’il était prêt à gouverner « dès le jour un ».

Aux attaques de Bruno Marchand sur le besoin de renouveau, Marie-Josée Savard a laissé entendre que son adversaire maîtrisait mal les finances de la Ville. « Vous n’avez aucune idée de ce qu’est le budget d’une ville », lui a-t-elle lancé.

Forcée de défendre le bilan de Régis Labeaume, Mme Savard a parfois accusé ses adversaires de faire des propositions sur des choses que la Ville faisait déjà, notamment en matière de développement économique. Elle a aussi mis de l’avant l’idée de positionner Québec comme une ville de « tourisme durable » en toute saison.

« Je veux être un maire partenaire des gens d’affaires », a plaidé de son côté Jean-François Gosselin qui défend l’idée d’un gel de taxes les deux premières années. Il a aussi suggéré. que la ville donne certaines subventions aux petits commerçants plutôt qu’à des grandes institutions comme l’Université Laval et le Port de Québec.

Pour contrer la pénurie de main-d’œuvre, Bruno Marchand et Jackie Smith ont tous deux souligné l’importance d’augmenter les places en garderies, un facteur attractif pour les travailleurs ayant des enfants, mais aussi une façon de ramener femmes et grands-parents sur le marché du travail. Jean Rousseau a soutenu que la pénurie était « l’enjeu numéro un » et suggéré, entre autres, la création d’une école culinaire dans le secteur de la restauration.

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