Le maire Labeaume se questionne sur l’avenir d’Expo Québec

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo: Yan Doublet Archives Le Devoir Le maire de Québec, Régis Labeaume

Le débat sur l’achalandage à l’événement Expo Québec s’est prolongé lundi soir lors de la première séance du conseil municipal de l’automne. Alors que l’opposition crie au « cafouillage », le maire continue de se questionner sur l’avenir de l’événement.

La semaine dernière, la Ville s’était félicitée de la hausse d’achalandage à Expo Québec, qui avait crû de 9,4 % cette année. Or l’opposition a par la suite rendu publiques des données obtenues en vertu de la Loi sur l’accès à l’information disant le contraire.

« C’est quoi ? On invente des chiffres ? On joue avec ça ? » a demandé le chef de l’opposition, Paul Shoiry. Il a ensuite réclamé que le conseil municipal recommande au vérificateur de se pencher sur le dossier.

Invité à réagir, le maire a rétorqué que les chiffres étaient « tous bons », sauf qu’ils sont tous sujets à interprétation. Et d’ajouter que des données avaient été « soufflées » depuis longtemps par le gestionnaire du site, Expo-Cité. « Le problème avec Expo Québec c’est qu’il y a toujours un lapin qui sort de quelque part », a-t-il dit. « Moi, ma confiance en Expo-Cité, elle est très basse. » La Ville mettrait bientôt tout cela au clair lors d’une présentation, a-t-il promis.

Quant à la proposition de suggérer au vérificateur de se pencher sur le dossier, M. Labeaume s’y oppose. La démarche, selon lui, est inutile parce que le vérificateur fait de toute façon « ce qu’il veut ».

Survie en cause

Créé il y a plus de 100 ans, l’événement Expo Québec était à l’origine une foire agricole connue surtout pour ses nombreux manèges. Au-delà du débat de chiffres sur l’achalandage, c’est la survie de l’événement qui est en cause.

Expo Québec se tient chaque année en août sur le site d’Expo-Cité, où a été construit le Centre Vidéotron.

En avril, un comité dirigé par Daniel Gélinas avait recommandé qu’on reconfigure complètement le site en y aménageant notamment un marché public. Le scénario proposé rendait pratiquement impossible la survie de l’événement.

Lundi, le maire s’est dit « aligné » sur ce rapport sans aller jusqu’à prôner la mise à mort de l’événement. Il a en outre écorché à plusieurs reprises l’organisation Expo-Cité, qualifiée d’« obsolète ». « La question actuellement, c’est “qu’est-ce qui peut remplacer Expo-Québec ?”»

M. Labeaume a signalé qu’il négociait avec le Centre des congrès pour lui confier la gestion de la commercialisation d’un des bâtiments principaux du site, le Centre de foires. « Là, on travaille sur le marché [public] », a-t-il ajouté. « Expo Québec, on en doute. Là, il y a un amphithéâtre neuf, on va mettre le Colisée Pepsi à terre, qu’est-ce qu’il va rester ? Il reste plus grand-chose. »

 

Visite populaire

À deux jours des célébrations d’ouverture du Centre Vidéotron, l’administration Labeaume est revenue sur l’engouement de la population. En deux semaines, plus de 170 000 personnes ont réservé leur laissez-passer gratuit pour les visites qui auront lieu du 3 au 7 septembre.

De ce groupe, 85 % des visiteurs proviennent de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ). Dans l’ensemble, pas moins de 21 % de l’ensemble de la population de la CMQ a réservé sa place à l’activité.