Les locataires vont hériter de la hausse des taxes

L’augmentation de la valeur des immeubles à revenus risque de faire mal aux locataires de Québec cette année. Ils vont hériter d’une bonne partie de la hausse des taxes découlant de l’augmentation de la valeur des immeubles résidentiels.

Pourquoi ? Parce que les propriétaires ont le droit de leur transférer la totalité de la facture, explique Jonathan Carmichael, du Bureau d’animation et information logement (BAIL). « Les propriétaires peuvent refiler à 100 % la variation des taxes foncières à leurs locataires. »


Il ajoute que les locataires qui pensent contester d’éventuelles hausses ont peu de chances d’avoir gain de cause devant la Régie du logement.


Le principal lobby de propriétaires est d’accord avec le BAIL sur ce point. « C’est sûr que ça va être totalement transféré [aux locataires] », avance Hans Brouillette de l’Association des propriétaires de logement (CORPIQ) en soulignant que les taxes foncières font partie du loyer.


Le dernier rôle d’évaluation à Québec a fait exploser la valeur des propriétés de 28 % et, dans les immeubles à logements, la hausse va jusqu’à une moyenne de 37 % pour les immeubles de cinq appartements.


L’administration Labeaume s’est engagée à baisser le taux de taxation en guise de compensation, mais tous ceux qui ont des hausses supérieures à la moyenne (28 %) vont payer plus.


Il faudra attendre au dépôt du budget en décembre pour mesurer le tout, mais, déjà, le BAIL s’attend à des hausses de 10 $ à 20 $ par mois, voire davantage pour les logements de 400 à 600 $. Et ce, en plus des augmentations « normales » des loyers.


Pour Jonathan Carmichael, c’est absolument injuste. Il demande ce qu’ont prévu les villes pour « faire en sorte que les pauvres n’aient pas à assumer la note ».


Quand même, Hans Brouillette s’attend à ce que certains propriétaires assument une partie de la hausse pour ne pas perdre de « bons locataires ». « Le problème, dit-il, c’est que si vous renoncez à votre droit de transférer la hausse, vous ne pourrez pas vous reprendre l’année suivante. »


À son avis, la ville devrait ranger les petits immeubles locatifs dans une catégorie particulière plutôt que de les laisser dans la même que celle des immeubles à propriétaires. « C’est un problème parce qu’on ne peut pas établir un taux spécifique aux immeubles locatifs qui tient compte du fait que les occupants sont des locataires. »