Assurance-emploi - Les Gaspésiennes font les frais de la réforme

La commission est présidée par Rita Dionne-Marsolais et Gilles Duceppe.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir La commission est présidée par Rita Dionne-Marsolais et Gilles Duceppe.

Gaspé — Les Gaspésiennes ont profité du passage de la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi à Gaspé, lundi, pour dire à quel point la réforme du programme fédéral les affecte en induisant angoisse, violence et fragilisation du tissu social, selon les témoignages présentés.

 

« Il faut combattre cette réforme ! », a déclaré au Devoir Marie-Thérèse Forest, coordonnatrice de la Table de concertation des groupes de femmes de la Gaspésie -Îles-de-la-Madeleine avant de témoigner devant la Commission qui amorçait lundi ses travaux sous la présidence de l’ex-chef bloquiste Gilles Duceppe et de l’ex-ministre Rita Dionne-Marsolais. Mme Forest juge que les femmes sont concernées au premier chef par les modifications apportées à ce programme fédéral entré en vigueur en début d’année. « Vous savez, ce sont les femmes qui sont au centre de la pauvreté. »

 

Mme Forest a affirmé devant la Commission que davantage de femmes que d’hommes « sont exclues » du régime et que, si elles touchent des prestations, ces dernières sont moins élevées que celles des hommes, car les femmes travaillent plus souvent à temps partiel. Cela entraîne selon elle, une détérioration du « climat social » et « la violence familiale », dont sont particulièrement victimes les femmes. Le mémoire présenté par l’organisme de Mme Forest fait aussi valoir que « le risque d’être pauvre a toujours été plus élevé chez les femmes ; certains parlent de féminisation de la pauvreté pour qualifier cet appauvrissement ».

 

La réforme a entraîné de l’insécurité financière, ce qui « engendre de l’impatience, crée des frictions et dégénère souvent en violences de toutes formes ». Les témoignages font aussi état de « détresse psychologique, de suicide. »

 

Travailleurs et employeurs

 

« On sait que cette réforme met la hache dans notre structure économique. Elle pénalise non seulement les travailleurs, mais également les employeurs. C’est une réforme qui n’est assise sur aucune étude d’impact ! », a déploré de son côté le président de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie-les-Îles, Bertrand Berger, qui demande à Ottawa de reconnaître l’aspect saisonnier des emplois et « de la réalité structurelle de l’économie et du marché du travail » de la Gaspésie-les-Îles, en précisant que près de 35 % des emplois y sont saisonniers.

 

Pour sa part, la coordonnatrice du Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie-les-Îles, Geneviève Giguère, prévoit « une augmentation fulgurante de la demande d’aide » auprès de la centaine d’organismes qu’elle représente de la part de personnes qui seront victimes du resserrement de l’assurance-emploi.

 

« Les gens de notre région sont en colère, et les effets de la réforme se font déjà sentir. Je me demande si le gouvernement fédéral n’a pas un “agenda caché” pour fermer les régions », a dit pour sa part en entrevue la préfète de Rocher-Percé, Diane Lebouthillier.

 

Une cinquantaine de personnes ont assisté à la consultation tenue à Gaspé, où sept mémoires ont été présentés.

 

La Commission sera de passage mardi aux îles de la Madeleine et déposera son rapport au gouvernement du Québec à la fin novembre.

 

 

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