Legault ira de l’avant avec le troisième lien, quoi qu’en pense Marchand

François Legault a rencontré le maire de Québec Bruno Marchand lors d’un arrêt à Québec le 24 septembre 2022.
Jacques Boissinot La Presse canadienne François Legault a rencontré le maire de Québec Bruno Marchand lors d’un arrêt à Québec le 24 septembre 2022.

Un gouvernement caquiste ira de l’avant avec son projet controversé de tunnel Québec-Lévis, le troisième lien, quoi qu’en pense le maire de Québec, Bruno Marchand.

C’est ce qu’a laissé entendre le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, samedi, au sortir d’un entretien avec M. Marchand à l’hôtel de ville de Québec.

Une étude d’avant-projet de 31 millions $, sur la conception des structures comme le tunnel, est déjà en cours et cela démontre que « le projet avance et se réalise », a indiqué le cabinet du premier ministre à Radio-Canada.

Le maire s’est toujours montré critique du méga-projet autoroutier sous le fleuve et a exigé de voir les études avant de se prononcer.

Le tunnel d’au moins 6,5 milliards $ à deux tubes est prévu pour sortir en plein centre-ville de Québec et comporte donc des conséquences sérieuses pour la capitale. Le gouvernement a toujours refusé de dévoiler ses études.

« Pour moi, c’est très clair, on va aller de l’avant », a déclaré M. Legault en conférence de presse après la rencontre avec le maire. Il a répété qu’il était convaincu d’avance que les études lui donneraient raison.

« Je suis convaincu qu’on va avoir l’appui du maire, une fois que les études vont être déposées. […] Je suis convaincu qu’on va s’entendre avec le maire. »

M. Marchand avait pour sa part déjà affirmé qu’il allait s’y opposer « si on me l’impose sans être capable de me présenter les faits et la science derrière (le projet) ».

La cheffe libérale Dominique Anglade a accusé son adversaire caquiste d’être toujours « en confrontation » avec ses interlocuteurs.

« On est-tu vraiment rendus là ? Ça n’a pas de bon sens qu’on ne soit pas capables de travailler avec nos villes, avec nos maires. »

Réaliser le troisième lien sans l’appui du maire de Québec ? « Moi, je ne le ferais pas », a-t-elle dit.

« Je veux m’assurer que lorsqu’on travaille dans une région, que les élus qui ont été dûment élus par les citoyens puissent être en faveur de ça. C’est ça l’objectif. »

Le maire n’a pas rencontré les représentants des médias après son entretien avec le chef caquiste.

En contraste la fin de semaine dernière, après son tête-à-tête avec M. Legault, le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, fervent partisan du troisième lien, avait pris part à une mêlée de presse.

MM. Legault et Lehouillier tablent sur une croissance démographique importante dans les prochaines décennies pour justifier le projet, même si des projections démographiques de l’Institut de la statistique du Québec ne leur donnent pas raison.

La semaine dernière, le chef caquiste avait dit que la décision de construire un tunnel allait être politique, sans égard aux résultats des études.

 

Le chef conservateur Éric Duhaime a d’ailleurs reproché au gouvernement caquiste d’avoir « politisé » le ministère des Transports.

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