Finies les mesures sanitaires pendant la campagne

Pour diminuer les risques de propagation, on conseille d’éviter «les contacts physiques directs», comme les poignées de main.
Getty Images iStock Pour diminuer les risques de propagation, on conseille d’éviter «les contacts physiques directs», comme les poignées de main.

Bisous, poignées de main, accolades, bains de foule. La campagne électorale semble se dérouler jusqu’à maintenant comme dans le bon vieux temps, le temps d’avant la COVID-19. Les masques sont rangés, la distanciation de deux mètres paraît déjà un lointain souvenir. Bye bye aux mesures sanitaires.

La COVID ? Quelle COVID ? Dans les caravanes des chefs des cinq partis en lice pour prendre le pouvoir le 3 octobre à l’Assemblée nationale, tout se passe comme si la pandémie était chose du passé, malgré l’émergence éventuelle d’une huitième vague à court terme, comme l’anticipe le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau.

Car le virus circule toujours, même si la situation est actuellement stable. Tous les jours, on fait état de décès liés à la COVID-19. Jeudi, on en rapportait 12.

La Presse canadienne a sondé les équipes des cinq partis pour savoir quelles mesures étaient prises pour prévenir la propagation du virus durant la campagne électorale, une période propice aux multiples rapprochements physiques entre politiciens et électeurs, de même qu’aux regroupements.

Conclusion : le sujet suscite peu d’intérêt. Depuis le début de la campagne, on a vu les chefs sur la route partir à la rencontre des électeurs, multiplier les bains de foule dans les centres commerciaux et les marchés publics, serrer les mains du matin au soir, distribuer accolades et autres marques d’affection destinées à attirer des votes.

En gros, le principe général observé sera de respecter les consignes de la santé publique, disent les organisations des différents partis. Dans les faits, tant qu’elles restent facultatives, on vise à s’imposer le minimum de contraintes.

À l’heure actuelle, le port du couvre visage n’est obligatoire que dans les établissements où on prodigue des soins. Le port du masque est « recommandé » si on fréquente un lieu où se trouvent des personnes vulnérables. Pour diminuer les risques de propagation, on conseille d’éviter « les contacts physiques directs », comme les poignées de main.

Le masque : le porter ou pas ?

Règle générale, les chefs et candidats font campagne à visage découvert. Mais on promet de faire une exception pour les visites aux électeurs plus vulnérables, comme dans les centres d’hébergement pour personnes âgées. C’est la consigne qui sera suivie à la Coalition avenir Québec (CAQ), au Parti libéral du Québec (PLQ), au Parti québécois (PQ) et chez Québec solidaire (QS).

À la CAQ, on souligne que les 125 candidats ont été vaccinés et ont reçu leurs doses de rappel et on indique qu’une directive expédiée à tous les candidats vise à leur dire d’enfiler un masque chaque fois qu’ils sont susceptibles d’avoir des « contacts rapprochés » avec des personnes à la santé fragile. Ce peut être dans un centre d’hébergement, mais aussi lors du porte à porte, une tradition bien ancrée en campagne électorale.

Du côté du chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, reconnu pour son opposition farouche aux mesures sanitaires, on indique dans son entourage qu’il n’a pas l’intention de porter de masque, quelle que soit l’activité ou le type d’endroit visité, sauf s’il va à la rencontre « de personnes à risque qui le demandent ».

Rassemblements : intérieurs ou extérieurs ?

Dans le camp péquiste, celui des libéraux et des solidaires, on prévoit organiser des rassemblements tout au long de la campagne, mais si possible à l’extérieur, si le temps le permet, ce qui diminuera les risques de propagation.

Dans le camp conservateur, on organisera des rassemblements à l’intérieur ou à l’extérieur. Lors du lancement de la campagne d’Éric Duhaime, le 21 août à Québec, le PCQ avait réuni plus de 800 personnes tassées comme des sardines dans une salle surchauffée, bondée à pleine capacité. Personne ne portait de masque.

Débats des chefs : test positif ?

Présents en même temps, dans le même studio, les cinq chefs pourront croiser le fer à deux reprises lors de débats télévisés, le premier le 15 septembre à TVA, le second à Radio-Canada, le 22 septembre : François Legault pour la CAQ, Dominique Anglade pour le PLQ, Gabriel Nadeau-Dubois pour QS, Paul St-Pierre Plamondon pour le PQ et Éric Duhaime pour le PCQ.

Que fait-on si un des chefs a obtenu un test positif la veille du débat, tout en présentant des symptômes légers qui ne l’empêcheraient pas de participer aux échanges, tout en étant potentiellement contagieux ? Devrait-on tout annuler ? Prévoir une participation virtuelle ?

On s’entend en général pour dire que c’est d’abord aux diffuseurs de fixer les règles du jeu en ce domaine.

Dans le camp conservateur, on fait valoir que « pour le bien de la démocratie, nous sommes d’avis que tout chef devrait pouvoir participer au débat, contagieux ou non », a indiqué sa porte-parole par courriel.

Et pas question d’imposer le port du masque à un chef potentiellement contagieux durant un débat télévisé, selon les conservateurs, parce que cela nuirait « à la communication, autant au niveau auditif que visuel ».

Au PQ, on préconise qu’un chef ayant contracté la COVID ne devrait pas se présenter dans le studio, mais devrait être quand même invité à participer de façon virtuelle « si son état de santé le permet ». Une demande formelle a été faite en ce sens aux réseaux qui organisent les débats.

Au PLQ, on a d’abord rejeté carrément ce scénario, avant de l’accepter, au moment de signer l’entente avec les diffuseurs. Au départ, on voulait surtout éviter de reproduire le déroulement étrange du débat organisé par les étudiants de l’Université de Montréal, lors de la course au leadership du PQ, en 2015, quand quatre candidats étaient présents en personne, tandis que le favori, Pierre Karl Péladeau, avait choisi de participer à distance et de débattre avec ses adversaires par l’intermédiaire d’un écran de télévision.

À voir en vidéo