QS et un ardent désir de croître

Gabriel Nadeau-Dubois a bien l’intention d’encore «déjouer les pronostics» le 3 octobre prochain, malgré des sondages qui semblent indiquer une stagnation des intentions de vote à l’échelle du Québec.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Gabriel Nadeau-Dubois a bien l’intention d’encore «déjouer les pronostics» le 3 octobre prochain, malgré des sondages qui semblent indiquer une stagnation des intentions de vote à l’échelle du Québec.

Après avoir fait élire un nombre record de 10 députés en 2018, Québec solidaire (QS) en veut encore plus. Et si Gabriel Nadeau-Dubois s’est fait remarquer en tant que chef parlementaire lors de la dernière année, rien n’est encore joué dans plusieurs circonscriptions détenues ou convoitées par les solidaires. Certaines d’entre elles seront le terrain de chaudes luttes, notamment avec la Coalition avenir Québec (CAQ).

« On n’est pas condamnés à un deuxième mandat de François Legault », lance le co-porte-parole de Québec solidaire en entrevue au Devoir. « [Il] y a une alternative à la CAQ, et cette alternative-là, c’est QS. »

Le politicien de 32 ans a bien l’intention d’encore « déjouer les pronostics » le 3 octobre prochain, malgré des sondages qui semblent indiquer une stagnation des intentions de vote à l’échelle du Québec. En 2018, Québec solidaire avait réussi son pari de sortir de la région montréalaise en investissant, avec succès, bien des efforts en Abitibi-Témiscamingue et en Estrie.

Gabriel Nadeau-Dubois soutient qu’il mènera cette année « une campagne nationale » et se déplacera à travers le Québec avec son autobus. Parallèlement, à bord de la « Manon-mobile », sa consoeur Manon Massé ira dans les circonscriptions où la lutte s’annonce serrée pour inciter les gens à aller voter, selon une source solidaire.

M. Nadeau-Dubois dit d’ailleurs avoir des candidatures exceptionnelles « dans toutes les régions ». Rivière-du-Loup–Témiscouata « n’est pas une circonscription où, traditionnellement, ç’a été facile pour Québec solidaire », illustre-t-il. QS y avait terminé au quatrième rang en 2018 et, pourtant, le parti y présente une candidature de « très très grande qualité » avec Myriam Lapointe-Gagnon, fondatrice du mouvement Ma place au travail, qui dénonce le manque de places en garderie au Québec, souligne M. Nadeau-Dubois. « C’est un bel exemple de notre ambition. »

Conserver Rouyn-Noranda–Témiscamingue

Dans la circonscription de Rouyn-Noranda–Témiscamingue, remportée par la solidaire Émilise Lessard-Therrien en 2018, la lutte s’annonce serrée. Selon les projections du site Qc125 en date du 26 août, la réélection de la députée ne semble pas gagnée d’avance face à la CAQ.

Mais Gabriel Nadeau-Dubois n’est pas inquiet. « C’est Émilise Lessard-Therrien qui parle au nom de toute sa région dans le dossier de la Fonderie Horne, qui s’annonce comme le principal enjeu électoral en Abitibi-Témiscamingue. » Le combat acharné de la députée pour dénoncer les émissions d’arsenic de cette usine de Rouyn-Noranda pèsera lourd dans la balance, selon lui.

Durant la campagne électorale, QS déploiera d’ailleurs ses militants à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, tout comme dans les autres campus étudiants du Québec. « On ne changera pas les choses au Québec avec une seule génération », affirme toutefois Gabriel Nadeau-Dubois. « Mon message pour les jeunes est : “Parlez à vos parents, parlez à vos grands-parents, parlez à vos oncles, parlez à vos tantes.” »

Cette « alliance intergénérationnelle » sera nécessaire pour lutter contre les changements climatiques, dit-il.

Équipe économique

 

Mais le défi majeur de Québec solidaire est de convaincre les électeurs qu’il a des assises solides en matière d’économie, selon Mireille Lalancette, professeure titulaire en communication sociale à l’Université du Québec à Trois-Rivières. « Surtout dans un contexte où on parle d’augmentation du coût de la vie et d’inflation. »

Pour y parvenir, le parti a rassemblé une équipe « économique compétente », affirme une source solidaire. Cette dernière donne en exemple la candidature de l’économiste et politologue Simon Tremblay-Pepin dans Pointe-aux-Trembles, la circonscription de la ministre responsable de la Métropole, la caquiste Chantal Rouleau.

Au tour de « GND » ?

En tant que chef parlementaire, Gabriel Nadeau-Dubois « a réussi à tirer son épingle du jeu », observe Mireille Lalancette. « Il a un discours qui porte bien, un discours cohérent. » Les attaques répétées de François Legault à l’endroit du chef de QS prouvent qu’il est un réel adversaire de la CAQ, selon elle.

Mais en visant à répétition le co-porte-parole solidaire, François Legault détourne aussi l’attention du Parti libéral du Québec (PLQ), qui formait le parti d’opposition officielle à l’Assemblée nationale. Plus le vote est divisé entre les différentes formations politiques d’opposition, plus la CAQ est favorisée.

À l’aube de cette campagne, quelle est la perception qu’ont les Québécois de Gabriel Nadeau-Dubois ? Le principal intéressé rit lorsqu’on lui pose la question, en rétorquant qu’il laissera le soin aux analystes d’y répondre. « Mais sur le terrain, ce que les gens me disent c’est : “C’est à votre tour.” »



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