Places en CPE en milieux défavorisés: Legault assure qu’il va agir rapidement

François Legault soutient qu’il manque actuellement 37 000 places en CPE au Québec.
Photo: iStock François Legault soutient qu’il manque actuellement 37 000 places en CPE au Québec.

Réagissant à la recommandation de la directrice de santé publique, Mylène Drouin, de créer plus de places en CPE dans les quartiers défavorisés pour mettre fin aux iniquités envers les enfants les plus vulnérables, le premier ministre François Legault assure qu’il va s’atteler à la tâche le plus rapidement possible.

« Moi, je suis d’accord avec Mme Drouin », a-t-il réagi vendredi en conférence de presse à Laval, rappelant que la priorité, lors de la création du programme de CPE, était justement de donner une chance égale à tous les enfants d’être stimulés très tôt.

« Malheureusement, les statistiques nous montrent que les pourcentages d’enfants qui ont de difficultés d’apprentissage sont plus élevés dans les milieux défavorisés, a déploré le ministre. Il faut investir plus chez les enfants de milieux défavorisés. Ce n’est pas acceptable que dans certains milieux défavorisés, toutes proportions gardées, il y ait moins de CPE que dans les milieux favorisés. »

Le premier ministre a soutenu qu’il manquait actuellement 37 000 places en CPE au Québec. « On en a déjà annoncé 15 000 et on va annoncer bientôt l’autre 22 000 », a assuré le François Legault.

Projet de loi

Mais selon lui, les conditions actuelles ne sont pas optimales pour développer de nouvelles places. « Il y a un processus compliqué qui existe, où les projets sont choisis par des comités, a-t-il expliqué. On n’a pas le contrôle total comme gouvernement sur ces comités-là. Donc, Mathieu Lacombe [le ministre de la Famille] va déposer à l’automne un projet de loi qui va nous permettre de combler les 37 000 places qui manquent, sans être obligé de passer par ces comités-là où les délais sont beaucoup trop longs. »

Il dit vouloir créer les 37 000 places « le plus vite possible » en priorisant les milieux défavorisés. « Ça suppose d’avoir la collaboration de l’opposition pour adopter le projet de loi qui va nous permettre d’aller plus rapidement. »

Selon le rapport de la Direction de santé publique de Montréal, déposé jeudi, on retrouve 2,5 fois moins d’enfants dans les quartiers défavorisés que dans ceux qui sont favorisés. Ainsi, les deux tiers des enfants de familles à faible revenu n’ont jamais fréquenté un CPE, comparativement à 46 % chez les mieux nantis.

La Santé publique a recommandé à Québec il y a deux ans de créer des places en CPE en priorité dans les quartiers Parc-Extension, Montréal-Nord, Saint-Michel et LaSalle, qui ont les plus grands besoins en services aux tout-petits. Elle recommande aussi que tous les CPE, peu importe leur quartier, soient tenus d’accueillir en priorité les enfants de familles à faible revenu (en plus de la fratrie et des enfants des membres du personnel, comme à l’heure actuelle).

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