Manon Massé renonce à son poste de cheffe parlementaire

Manon Massé entend solliciter un nouveau mandat de députée en 2022 et demeurer co-porte-parole du parti si les membres lui renouvellent leur confiance lors du prochain congrès.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Manon Massé entend solliciter un nouveau mandat de députée en 2022 et demeurer co-porte-parole du parti si les membres lui renouvellent leur confiance lors du prochain congrès.

Manon Massé ne sera pas le visage de Québec solidaire (QS) lors de la prochaine campagne électorale. Elle en a fait l’annonce dimanche dans un discours de clôture devant les militants réunis en conseil national virtuel.

« Pour tout vous dire, j’ai des fourmis dans les jambes, mais, en ce moment, je suis dans un rôle qui m’use, un rôle qui parfois m’éteint », a-t-elle déclaré.

Celle qui fêtera ses 58 ans la semaine prochaine cédera ses responsabilités de chef parlementaire de QS à l’Assemblée nationale à son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, pour la rentrée parlementaire en septembre. Elle entend toutefois solliciter un nouveau mandat de députée en 2022 et demeurer co-porte-parole du parti si les membres lui renouvellent leur confiance lors du prochain congrès prévu en novembre.

Pour tout vous dire, j’ai des fourmis dans les jambes, mais, en ce moment, je suis dans un rôle qui m’use, un rôle qui parfois m’éteint 

 

« Ce qui m’use, c’est la charge mentale de toutes les responsabilités parlementaires, a-t-elle expliqué en mêlée de presse. C’est ça que je ne souhaite plus faire. »

« Lorsque t’es chef parlementaire, c’est une responsabilité énorme, a-t-elle ajouté. Il y a le caucus, il y a la préparation à toutes les périodes des questions, soutenir le monde là-dedans… » Elle croit toutefois avoir encore « beaucoup à apporter » comme porte-parole de QS et compte utiliser le temps gagné pour « aller sur le terrain », notamment à la rencontre des jeunes pour lutter contre les changements climatiques.

Gabriel Nadeau-Dubois aspirera donc au poste de premier ministre du Québec en 2022 si les militants approuvent sa candidature en novembre. Il a déjà décoché une flèche à son futur adversaire. « François Legault est dans sa bulle, il a son propre agenda, ses propres obsessions », a-t-il déclaré dans son discours.

« Le matin, c’est classer les immigrants entre ceux qui valent cher et ceux qui posent problème, le midi, c’est signer un chèque en blanc à une multinationale, le soir, c’est défendre les magouilles de Pierre Fitzgibbon et la nuit, imaginer des logements à 500 $», a-t-il ajouté.

En mêlée de presse, il a précisé que ce passage du flambeau ne constitue pas « un changement d’orientation » ni « un changement de leadership » pour le parti. Il déléguera ses responsabilités de leader parlementaire à un autre député du parti pour se consacrer à son nouveau rôle.

Collectif antiraciste réprimandé

L’annonce de Manon Massé a mis fin à un conseil national mouvementé. La veille, les quelque 200 délégués avaient adopté à huis clos une motion de blâme à l’endroit du controversé Collectif antiraciste décolonial. Il doit donc changer ses méthodes, sans quoi il pourrait être dissous.

Le collectif a multiplié les déclarations controversées au cours des derniers mois en relayant un article sur le professeur de l’Université d’Ottawa Amir Attaran et en associant le journaliste Patrice Bergeron à des « amis de la droite extrême », expression remplacée peu de temps après par « la fachosphère ». Il avait récemment accusé Québec solidaire de faire preuve lui-même de racisme systémique à l’intérieur de ses propres instances, et ce, même si le parti en a fait l’un de ses chevaux de bataille à l’Assemblée nationale.

Certains des membres du collectif ont vu dans l’annonce de Manon Massé une preuve que le parti est de plus en plus dirigé par Gabriel Nadeau-Dubois et l’ont fait savoir sur les réseaux sociaux. « Je trouve ça extrêmement insultant pour moi, premièrement, parce que ces gens-là savent très bien que, depuis notre fondation, depuis le jour 1, on a toujours eu deux co-porte-parole et qu’on est égaux dans le leadership politique de notre organisation », a déclaré Mme Massé.

Manon Massé a fait partie du noyau dur qui a fondé le parti il y a 15 ans. Elle avait été sa toute première candidate lors d’une élection partielle en 2006. Cette militante du milieu communautaire a tenté sa chance à cinq reprises avant de devenir la troisième députée du parti à l’Assemblée nationale en 2014 dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques. Trois ans plus tard, elle était choisie comme co-porte-parole du parti par les militants après le départ de Françoise David et d’Amir Khadir.

Lors du conseil national, les délégués ont adopté les vingt axes autour desquels s’articulera le programme électoral de Québec solidaire en 2022. L’environnement y occupera une place prépondérante. Ils ont également adopté un code d’éthique qui a soulevé des critiques parmi les militants pour le Collectif antiraciste décolonial. Certains craignent que le code d’éthique instaure « une culture de grief » et ont accusé le parti de tenter de « museler des militants ».

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6 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 17 mai 2021 06 h 06

    Oublions vite de CAD et braquons les projecteurs sur Manon!

    N'est-ce pas habile?

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 mai 2021 10 h 40

      Manon représente 20,000 membres.

      Le CAD, 80 membres.

      Le CAD a reçu plus que sa part de couverture.

  • Paul Gagnon - Inscrit 17 mai 2021 09 h 01

    Juste avoir à gérer Catherine Dorion

    ça doit être de l'ouvrage!

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 mai 2021 17 h 23

      Ça va être de l'ouvrage pour les péquistes de déloger Catherine Dorion qui dispose de 8511 voix de majorité, alors que le PQ est 4e dans Taschereau.

      https://www.electionsquebec.qc.ca/francais/provincial/resultats-electoraux/elections-generales.php?e=83&c=1174&s=1#s

  • François Beaulne - Abonné 17 mai 2021 09 h 41

    Jean-François LIsée avait raison

    La passation de pouvoirs de Manon Massé à GND s'inscrit dans la mouvance des clarifications qu'avait exigées le chef du PQ, lors des débats des chefs de partis des dernières élections,sur qui dirigeait vraiment QS, questionnement qui lui avait été reprochée par la bien-pensance du temps.
    Ce qui est arrivé chez QS en fin de semaine lui donne raison d'avoir voulu éclaircir ce mystère pour le plus grand bien des électeurs.
    Malheureusement, comme il arrive parfois, nul n'est prophète ni en son temps, ni dans son pays.

    • Christian Montmarquette - Abonné 17 mai 2021 16 h 00

      Lisée avait tellement raison, qu'il a fait encaisser la pire défaite de son histoire à son parti et qu'il a même perdu dans son propre comté au profit d'un gain pour Québec solidaire dans Rosemont.