Le nouveau plan d’action sur les relations Québec-Ottawa continue à se faire désirer

Sonia LeBel a admis mercredi soir ne «pas encore [avoir] rédigé» un nouveau plan d’action pour remplacer celui légué par son prédécesseur, le ministre libéral Jean-Marc Fournier.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Sonia LeBel a admis mercredi soir ne «pas encore [avoir] rédigé» un nouveau plan d’action pour remplacer celui légué par son prédécesseur, le ministre libéral Jean-Marc Fournier.

La ministre responsable des Relations canadiennes, Sonia LeBel, adhère à la « vision du Québec au sein du Canada » promue par l’ex-gouvernement libéral, selon le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes (SQRC).

En effet, la Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes, dans laquelle l’équipe de Philippe Couillard avait « trac[é] les contours de [sa] vision du Québec au sein du Canada », est toujours en vedette sur le site Web du SQRC deux ans et demi après l’arrivée de la Coalition avenir Québec aux commandes de l’État québécois, s’est étonnée la députée de Joliette, Véronique Hivon, mercredi soir.

La ministre Sonia LeBel souscrit-elle au nouveau projet pour les nationalistes du Québec dévoilé par la CAQ en 2015 ? a demandé l’élue péquiste lors de l’étude des crédits du ministère du Conseil exécutif. « Il faut le dire aux Québécois si ce n’est plus ça », a fait valoir Mme Hivon, reprochant du même souffle à la membre du gouvernement Legault de souscrire à un « nationalisme défensif », voire à un « fédéralisme ». « Quelle est l’excuse de la ministre pour ne pas avoir avancé sur [les] enjeux du Plan nationaliste de la CAQ », comme l’obtention d’une déclaration de revenus unique administrée par le Québec, en plus de nouveaux pouvoirs en culture et en points d’impôt, de la part du gouvernement fédéral ? a-t-elle ajouté.

Sonia LeBel a admis mercredi soir ne « pas encore [avoir] rédigé » un nouveau plan d’action pour remplacer celui légué par son prédécesseur, le ministre libéral Jean-Marc Fournier, dont l’objectif était de « faire mieux connaître le Québec et sa spécificité […] pour accroître son rayonnement au Canada ».

Pourtant, à l’été 2019, son cabinet avait indiqué au Devoir être « en train de travailler à actualiser la politique d’affirmation du Québec pour y mettre les couleurs nationalistes de la Coalition avenir Québec ».

« Mais dans nos actions au quotidien, on défend les valeurs québécoises, on défend les compétences du Québec et on est sur tous les fronts », a soutenu Mme LeBel mercredi soir, avant d’égrener les « avancées » accomplies par le Québec au sein du Canada. Elle a notamment rappelé la conclusion de l’Accord sur la relance sécuritaire (ARS) assorti de 19 milliards de dollars visant « à aider les provinces et les territoires à relancer leur économie en toute sécurité et à rendre notre pays plus résistant à d’éventuelles augmentations de cas de COVID-19 ». « On obtient les meilleurs gains au meilleur moment », a déclaré la présidente du Conseil du trésor.

Sonia LeBel a accusé le Parti québécois de préconiser un « nationalisme de retrait, c’est-à-dire “on quitte le Canada, puis on s’arrange avec nos affaires” », même si elle s’entend avec lui pour dire qu’« on a du côté canadien des tendances à vouloir empiéter sur nos compétences ». « On va toujours être là pour les défendre, a-t-elle promis en commission parlementaire. On a réglé des dossiers. Est-ce qu’ils répondent à tous les enjeux du programme [pour les nationalistes du Québec] ? La réponse est non. »

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