Pierre Fitzgibbon dit s’être conformé au code d’éthique

Le ministre Pierre Fitzgibbon a fait l’objet de trois rapports de la commissaire à l’éthique depuis 2019.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le ministre Pierre Fitzgibbon a fait l’objet de trois rapports de la commissaire à l’éthique depuis 2019.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, pourrait terminer son mandat en 2022 sans s’être départi des actions qu’il lui reste dans une entreprise de technologie. Il affirme toutefois s’être conformé aux recommandations de la commissaire à l’éthique, qui avait souligné que cela pouvait le placer en conflit d’intérêts.

« On ne sait pas, ni vous ni moi, si un acheteur va se présenter [pour acquérir les actions restantes] », a-t-il lancé mercredi en réponse aux questions du député solidaire Vincent Marissal durant l’étude des crédits de son ministère. « Mes actions sont disponibles », a-t-il ajouté.

« Si vous n’arrivez pas à trouver un acheteur pour ces actions de cette entreprise que je ne connais pas, ce sera donc le statu quo et vous pourriez très bien terminer votre premier mandat […] comme c’est le cas en ce moment », lui a rétorqué M. Marissal.

« C’est quoi, l’alternative ? Je ne vais pas les jeter », a répliqué le ministre. « S’il y a un acheteur, je vais les vendre. S’il n’y a pas d’acheteur, bien forcément, je les garde. Je ne peux pas les mettre sur un tableau », s’est-il impatienté.

M. Fitzgibbon a fait l’objet de trois rapports de la commissaire à l’éthique depuis 2019. L’un de ces rapports lui a valu un blâme de l’Assemblée nationale en novembre 2020. Un quatrième est en cours pour voir s’il s’est conformé aux recommandations. Le ministre a indiqué mercredi s’être départi de 12 de ses 13 investissements privés.

« Je ne suis pas en conflit d’intérêts parce que la société dans laquelle je suis investisseur ne traite pas avec le gouvernement », a-t-il expliqué alors qu’il était questionné par le député de l’opposition officielle Carlos Leitão. « Donc, dans mon cas, cette société-là n’a aucune transaction avec l’État et a été avertie qu’il n’y en aurait pas non plus », a-t-il précisé plus tard.

« Cette histoire, malheureusement pour vous, Monsieur le Ministre, va continuer de vous suivre », lui a glissé l’élu libéral.

L’article 46 du code d’éthique et de déontologie des députés oblige tout ministre à faire en sorte que les entreprises privées dans lesquelles il détient des parts « ne fassent plus aucun marché avec le gouvernement, un ministère ou un organisme public » sans quoi il doit s’en départir.

Dans une entrevue exclusive accordée au Devoir en décembre, la commissaire à l’éthique estimait que cette règle absolue pourrait être assouplie. Ariane Mignolet affirmait qu’elle pourrait disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour imposer des conditions qui permettraient à un ministre de conserver ses intérêts privés à condition qu’il se conforme à certains critères.

Grand Prix de F1: Fitzgibbon aurait voulu une prolongation de 10 ans

S’il n’en tenait qu’au ministre Pierre Fitzgibbon, le contrat du Grand Prix de Formule 1 du Canada n’aurait pas été prolongé de deux ans, mais bien de 10 ans supplémentaires. « Le Grand Prix de Montréal est l’événement le plus important au Canada au niveau touristique, donc conséquemment le plus important pour le Québec et le plus important pour la ville de Montréal, a-t-il affirmé lors de l’étude des crédits. C’est pour ça que j’aurais aimé avoir dix ans de plus si j’avais pu. »

Les gouvernements québécois et fédéral ont conclu une entente la semaine dernière avec le promoteur de l’événement Formula One World Championship (FOWC) pour assurer le retour de l’événement qui a été annulé cette année à cause de la pandémie. Ils ont accepté de verser en tout 51 millions de dollars. L’entente prévoit qu’il se déroule jusqu’en 2031, soit deux années de plus que ce qui était prévu au contrat précédent.

Le Parti libéral et Québec solidaire ont talonné le ministre de l’Économie sur l’achat par Bell du promoteur du Grand Prix qui pourra ainsi profiter de cette enveloppe. « Bell, ce n’est pas un organisme de charité, a rappelé le député Carlos Leitao. Il a fait valoir que l’entreprise allait pouvoir faire beaucoup d’argent avec la tenue du Grand Prix. « Je trouve que l’État n’a pas à les aider à faire ça », a-t-il conclu.

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