Le vaccin d’AstraZeneca disponible dès l’âge de 45 ans

La décision de fixer l’âge d’admissibilité à 45 ans se base sur l’analyse du Comité sur l’immunisation du Québec.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La décision de fixer l’âge d’admissibilité à 45 ans se base sur l’analyse du Comité sur l’immunisation du Québec.

Sans aller aussi loin que l’Ontario, le Québec va permettre aux gens de recourir au vaccin AstraZeneca dès l’âge de 45 ans, ce qui porte à près de 800 000 Québécois le nombre de personnes admissibles.

En conférence de presse, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a dû répondre à plusieurs questions sur l’écart avec l’Ontario et l’Alberta, où la limite a plutôt été fixée à 40 ans. Il a expliqué que plus les cas étaient nombreux sur un territoire, plus il était avantageux de baisser l’âge d’admissibilité.

Parmi les 77 nouvelles personnes hospitalisées dans tout le Québec lundi, 35 étaient âgées de 45 à 64 ans, 10 de 18 à 44 ans et 2 avaient 17 ans ou moins.

La décision de fixer l’âge d’admissibilité à 45 ans se base sur l’analyse du Comité sur l’immunisation du Québec. « Dans le contexte épidémiologique actuel d’une troisième vague en croissance, le CIQ considère que les avantages de la vaccination chez les personnes de 45 ans et plus dépassent largement les risques de thromboses […] et recommande l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca chez ces dernières », conclut l’organisme dans son analyse, ajoutant que les personnes de ce groupe d’âge vivant avec une maladie chronique devraient tout particulièrement y recourir.

200 000 doses en banque

Les personnes âgées de 45 à 55 ans qui souhaitent être vaccinées pourront le faire sur rendez-vous dès mercredi. Mais l’attente risque d’être longue, dans les prochains jours, puisque le Québec possède 200 000 doses en banque alors que le nombre de personnes admissibles a presque franchi la barre des 800 000 avec la baisse de la limite d’âge.

Interrogé sur les risques plus élevés de thromboses chez les femmes qui reçoivent le vaccin, M. Arruda a affirmé que ces risques ne concernent pas les femmes de 45 ans et plus.

« En haut de 45 ans, là, il n’y avait pas nécessairement de ségrégation de sexe à faire comme tel, a-t-il dit. Ça demeure, surtout à cet âge-là, un vaccin sécuritaire. »

Dans le contexte épidémiologique actuel d’une troisième vague en croissance, le CIQ considère que les avantages de la vaccination chez les personnes de 45 ans et plus dépassent largement les risques de thromboses [...] et recommande l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca chez ces dernières

Jusqu’à présent, on a recensé 1 cas de thrombose par 100 000 doses du vaccin d’AstraZeneca chez les jeunes adultes de 20 à 29 ans, précise le Comité sur l’immunisation dans son avis.

Les probabilités diminuent en fonction de l’âge, pour atteindre 1 cas par 500 000 doses chez les 60-69 ans. Au Canada, deux personnes dans la soixantaine ont subi cet effet secondaire, dont une Québécoise qui est en voie de guérison.

Mesures d’urgence prolongées

Les résidents des régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de l’Outaouais vont devoir tolérer les mesures d’urgence au moins une semaine de plus, jusqu’au 3 mai, pour faire face à la COVID-19, a annoncé le premier ministre François Legault mardi.

« La situation se stabilise [en ce qui concerne] le nombre de cas, mais continue à augmenter pour ce qui est des hospitalisations et des décès », a fait valoir François Legault lors d’un nouveau point de presse sur la pandémie.

Dans la Capitale-Nationale, on a recensé 15 hospitalisations de plus ces derniers jours, ainsi que 6 décès. Dans la région de Chaudière-Appalaches, on parle de 7 hospitalisations et de 6 décès supplémentaires.

Quant à la région de l’Outaouais, elle affichait lundi le plus haut taux de cas positifs parmi les personnes dépistées, à 10,9 %, alors que la moyenne québécoise s’établit à 3,7 %.

Ailleurs, la situation est toutefois tolérable pour le moment, a signalé M. Legault. « Dans les autres régions, ça reste à des niveaux sous contrôle », a-t-il dit, avant de préciser que « ça peut prendre quelques jours pour exploser, surtout avec les variants ».

Deuxième dose en CHSLD

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait par ailleurs de bonnes nouvelles pour les résidents des CHSLD en attente d’une deuxième dose de vaccin. Tous auront reçu une seconde dose « au plus tard le 8 mai », a-t-il promis. « Et, lorsqu’on aura terminé avec les CHSLD, à ce moment-là on pourra passer dans les autres résidences », a-t-il dit.

Le gouvernement se prépare en outre à élargir l’accès au vaccin pour les personnes ayant des maladies chroniques. Le ministre Dubé a indiqué que la priorité sera donnée aux gens ayant des handicaps physiques ou intellectuels, mais il faudra attendre jeudi pour en savoir davantage sur les modalités