La liberté académique, condition «inhérente» à l’enseignement dans les universités

<p>Les professeurs Yves Gingras, Chantal Pouliot et Aline Niyubahwe ainsi qu’un étudiant dont l’identité n’est pas encore connue accompagneront l’ancien ministre péquiste Alexandre Cloutier (en photo) tout au long des travaux.</p>
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne

Les professeurs Yves Gingras, Chantal Pouliot et Aline Niyubahwe ainsi qu’un étudiant dont l’identité n’est pas encore connue accompagneront l’ancien ministre péquiste Alexandre Cloutier (en photo) tout au long des travaux.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, s’inquiète de voir l’« autocensure » gagner les campus universitaires après « plusieurs événements médiatisés » d’étudiants offensés par la matière qui leur est enseignée.

L’élue caquiste a appelé en renfort l’ex-député péquiste Alexandre Cloutier afin de lui proposer des « mécanismes » et des « outils » visant à protéger la liberté académique à l’université — dans l’enseignement, la recherche et le service à la collectivité —, et ce, d’ici à la fin de l’année. « C’est très important de bien faire la lumière sur cette question et d’arriver à des recommandations qu’on puisse appliquer, et surtout qui fassent consensus dans les universités », a-t-elle souligné en conférence de presse mardi.

Mme McCann a dit vouloir voir « des étudiantes et des étudiants à l’esprit critique très fort et au jugement éclairé » sortir des universités québécoises, diplôme en main.

À ses côtés, le président du Comité sur la reconnaissance de la liberté académique, Alexandre Cloutier, a dit croire « possible de réaffirmer haut et fort la liberté académique tout en appelant au respect de la dignité de chacun ».

Les professeurs Yves Gingras (Département d’histoire, Université du Québec à Montréal), Chantal Pouliot (Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage, Université Laval), Aline Niyubahwe (Unité d’enseignement et de recherche en sciences de l’éducation, UQAT) ainsi qu’un étudiant dont le nom n’est pas encore connu accompagneront l’ancien ministre du gouvernement Marois (2012-2014) pour y arriver.

L’Union étudiante du Québec (UEQ) a déjà soumis une liste de candidats au poste toujours vacant. « Il y a une nécessité de représentativité de la diversité dans le comité. Donc, on aimerait que l’étudiant ou l’étudiante qui sera sélectionné fasse partie de la diversité », a indiqué la présidente du regroupement de plus 90 000 étudiants, Jade Marcil.

Le Comité sur la reconnaissance de la liberté académique mesurera l’« ampleur de la problématique » des entorses à la liberté académique dans les universités québécoises « au-delà des récits particuliers » après quoi il tiendra des consultations publiques sur invitation.

Préserver la liberté la dénonciation

L’UEQ accueille « positivement » la mise sur pied du comité Cloutier, qui est formé de « personnes indépendantes », afin de guider une « réflexion » nécessaire sur la liberté académique. Elle lui demande de ne pas perdre de vue la « liberté d’expression et de dénonciation de la communauté étudiante, si celle-ci ne se sent pas en sécurité ». « Donc, il y a une réflexion à avoir aussi sur les processus de plaintes et de discussions à l’intérieur d’un cours, à l’intérieur d’un programme pour que les étudiants aient un endroit sécuritaire pour discuter de ces problématiques-là et que ça ne se rende pas dans les journaux, dans la haine et éventuellement dans la diffamation sur les réseaux sociaux, etc. », a fait valoir Mme Marcil.

Les établissements universitaires du Québec « collaboreront » également aux consultations du comité, a promis le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI). « Ces travaux permettront de poursuivre ceux en cours sur l’Université québécoise du futur, où la liberté académique est reconnue comme étant indissociable de la responsabilité et de l’autonomie institutionnelles », a fait remarquer forum d’échanges et de concertation pour les universités québécoises.

Alexandre Cloutier a dit souhaiter que les travaux du comité sur la reconnaissance de la liberté académique « contribuent à préserver notre capacité à débattre librement et sereinement à partir de faits validés » dans les universités québécoises. « [Ils] ne vont évidemment pas offrir une solution magique à l’ensemble de nos débats, mais nous allons assurément contribuer à l’établissement de principes pour valoriser cette importante liberté », a dit le vice-recteur aux partenariats et aux affaires internationales et autochtones à l’Université du Québec à Chicoutimi. Le principe de liberté académique se trouve, selon lui, au cœur de la démocratie. « Peu importent nos allégeances politiques, peu importe qu’on soit de gauche ou de droite, peu importent nos origines, je crois que nous pouvons tous nous rallier derrière cette valeur commune », a-t-il ajouté.

L’ex-homme politique s’est dit heureux de « servir à nouveau le Québec » lors de son passage mardi à l’hôtel du Parlement — où il a représenté la circonscription du Lac-Saint-Jean de 2007 à 2018.

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