Un évaluateur dépêché au ​CHSLD Saint-Laurent

Une enquête du «Devoir» publiée vendredi a révélé que des résidents de l’unité psychiatrique du CHSLD Saint-Laurent avaient été enfermés pendant des mois dans leurs chambres et privés de douche pendant des semaines.
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir Une enquête du «Devoir» publiée vendredi a révélé que des résidents de l’unité psychiatrique du CHSLD Saint-Laurent avaient été enfermés pendant des mois dans leurs chambres et privés de douche pendant des semaines.

Un évaluateur du ministère de la Santé enquêtera sur la situation au CHSLD Saint-Laurent révélée dans Le Devoir, a promis vendredi la ministre responsable des CHSLD, Marguerite Blais, qui jure « d’aller au fond des choses ».

« Ça n’en restera pas là. Comme Liverpool, ça n’en restera pas là », a déclaré Mme Blais en entrevue au Devoir vendredi. « Je veux aller au fond des choses. […] Je n’ai plus rien à perdre dans la vie. J’ai 71 ans, je suis revenue en politique pour faire la différence. »

Une enquête du Devoir publiée vendredi révélait que des résidents de l’unité psychiatrique du CHSLD Saint-Laurent avaient été enfermés, pendant des mois, dans leur chambre et privés de douche des semaines durant.

Ébranlée par ce reportage, la ministre Blais a fait savoir vendredi en matinée qu’un évaluateur du ministère avait été dépêché sur place. Elle affirme en outre avoir questionné le p.d.-g. du Centre intégré de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Frédéric Abergel sur ces révélations.

« M. Abergel me disait que, même pendant la COVID, les résidents ont reçu des bains tous les jours », a-t-elle affirmé. Confrontée au fait que de nombreux résidents et employés avaient soutenu le contraire dans leurs témoignages, elle s’est défendue en disant « prendre pour les résidents ».

« Moi, je défends les personnes vulnérables, je ne suis pas là pour défendre les p.d.-g. », a-t-elle ajouté en précisant qu’elle ne voulait « pas accuser personne » tant qu’elle n’aurait pas lu le rapport de l’évaluateur notamment.

Les questions soulevées par l’article sont nombreuses, selon elle. « On a mis des directives dans la deuxième vague. Les proches aidants ont le droit d’y aller. On n’a pas le droit d’enfermer les personnes. Il faut faire des activités de déconditionnement… De lire dans le journal que ces directives-là ne sont pas suivies, c’est questionnable. »

Mme Blais s’attend aussi à recevoir des réponses de la part du directeur de l’établissement. « Il est supposé y avoir un directeur général. On en a mis dans tous les CHSLD du Québec. Lui aussi a des comptes à rendre. […] Il n’y a pas de fumée sans feu. »

Enquête demandée

Plus tôt, la députée libérale Christine St-Pierre avait dit trouver « troublant » que « Mme Blais, qui est responsable des CHSLD, apprenne ça dans le journal ». « Je ne peux pas croire que personne ne l’a alertée sur ce qui se passait à l’intérieur de ce CHSLD-là. […] La CAQ ne peut pas tout mettre sur le dos des organisations. Ils sont imputables, ce sont des élus. »

Mme St-Pierre avait invité la ministre à prendre ses responsabilités. « C’est choquant, c’est troublant. D’autant plus que ça vient des patients eux-mêmes », a réagi l’élue qui représente la circonscription de l’Acadie où se trouve l’établissement. « Ça vient démontrer à quel point l’enquête publique que nous demandons est pertinente. Elle doit se tenir pour faire lumière sur toute la situation. »

Le PLQ demande, depuis des mois, la tenue d’une enquête indépendante sur la gestion de la pandémie à l’image des commissions d’enquêtes lancées en Ontario et en France notamment.

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Des résidents du CHSLD Saint-Laurent enfermés pendant des mois dans leur chambre, notre enquête signée par Stéphanie Vallet