Le mea culpa du ministre Lacombe tourné en ridicule par les oppositions

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe

Les partis d’opposition ont tourné au ridicule mardi le mea culpa du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, qui estime que le développement du réseau de CPE « ne fonctionne plus » et propose un « livre blanc » pour réformer l’ensemble des services éducatifs à l’enfance.

« C’est hallucinant d’entendre le ministre de la Famille. C’est comme si ce n’était pas lui, le ministre de la Famille », a lancé la députée péquiste Véronique Hivon pendant la période des questions.

En février 2019, le ministre Lacombe s’est engagé à créer 13 500 places dans le réseau de garde « au cours des deux prochaines années ». En entrevue à Radio-Canada la semaine dernière, il a plutôt reconnu que le développement de 10 000 des 15 000 places qu’il a annoncées depuis deux ans est en retard, voire en péril. « J’ai fait tout ce que je pouvais, mais force est de constater que ce n’est pas assez », a-t-il notamment déclaré.

À La Presse, il a déclaré que 51 073 enfants sont en attente d’une place en service de garde reconnu. Il s’agit d’un bond de 9000 places par rapport à 2018. Dans cette même entrevue, Mathieu Lacombe a dit avoir l’intention de lancer en avril des consultations, puis de déposer un livre blanc et un projet de loi afin de réformer le réseau des services de garde.

Au Salon bleu mardi, il a imputé les difficultés qu’il rencontre aux processus qui prévalent au sein de son ministère. « Il y a des pare-feu inimaginables, au ministère de la Famille, qui nous étouffent, qui gangrènent la création de places, qui nous empêchent de faire ce qu’on devrait faire plus rapidement : donner des places aux tout-petits pour que leurs parents puissent aller travailler », a-t-il déclaré. Il a dénoncé les « allers-retours interminables pour nous assurer qu’il n’y ait pas 1 $ de dépassement de coûts », non sans rappeler que la pandémie avait entraîné la fermeture de plusieurs services de garde en milieu familial.

Ses explications n’ont pas satisfait les oppositions. « C’est quoi, la réponse aux 50 000 parents qui attendent une place ? On va faire un beau livre blanc à l’automne… », a ironisé la députée Hivon. « Plutôt que d’assumer son échec, [le ministre] distribue le blâme à tout le monde : ses fonctionnaires, le réseau des CPE, ces femmes-là qui ont bâti, à force de conviction, tous nos centres de la petite enfance », a-t-elle ajouté.

« Là, on l’entend dire qu’évidemment, c’est un échec retentissant. […] C’est la faute aux libéraux, c’est la faute à la COVID, c’est la faute au réseau, c’est la faute à la liste d’attente, c’est la faute au ministère », a aussi lancé le député libéral Marc Tanguay. « Le ministre prendra-t-il la dernière année et demie qu’il lui reste pour réaliser qu’en bout de piste, c’est de sa faute ? », a-t-il demandé.

En guise de réponse, le ministre a rappelé avoir lancé « tout un grand chantier pour alléger la bureaucratie » et signifié son intention de « poser les bons gestes ». Il a ensuite dit avoir l’intention de donner, aux « gestionnaires », « des outils pour qu’ils soient capables de développer [des places] plus vite ».

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec s’était engagée à créer 28 000 places en CPE en cinq ans, à revoir la gestion de ces CPE et à réduire les listes d’attente pour y obtenir une place.

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