Le ministre Mendicino n’est pas prêt à prendre sa décision sur M. Camara

Arrivé au Québec il y a quatre ans avec un statut d’étudiant étranger, Mamadi III Fara Camara, 31 ans, craint que son statut devienne précaire, puisqu’il est actuellement incapable de reprendre ses études.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Arrivé au Québec il y a quatre ans avec un statut d’étudiant étranger, Mamadi III Fara Camara, 31 ans, craint que son statut devienne précaire, puisqu’il est actuellement incapable de reprendre ses études.

Le ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marco Mendicino, n’entend pas accorder la résidence permanente dans l’immédiat à Mamadi III Fara Camara, emprisonné et accusé à tort en raison d’une erreur sur la personne.

Pour l’instant, le ministre entend « travailler avec M. Camara et sa famille alors qu’ils naviguent le processus d’immigration », a fait savoir son attaché de presse, Alexander Cohen, dans une déclaration transmise en soirée.

Plus tôt dans la journée, l’Assemblée nationale et la Chambre des communes ont adopté à l’unanimité des motions demandant à Ottawa d’accorder, dans les plus brefs délais, la résidence permanente à Mamadi III Fara Camara. En point de presse, le premier ministre François Legault a dit y voir une manière d’atténuer, « un peu », « le préjudice que M. Camara a subi ».

Le cabinet Mendicino a quant à lui qualifié d’« inacceptable » le traitement qui a été réservé à M. Camara. Dans un courriel transmis aux médias, le ministre a rappelé que « les candidats peuvent inclure des circonstances atténuantes dans le cadre du processus de résidence permanente et [que] ces facteurs sont sérieusement pris en compte ». « Chaque cas fait l’objet d’un examen et d’une analyse approfondie, et les décisions ne sont prises qu’après un examen attentif », a-t-il ajouté.

À l’initiative de la députée indépendante Catherine Fournier, tous les élus québécois ont adopté au Salon bleu une motion qui interpelle d’abord le ministre Mendicino afin qu’il octroie la résidence permanente à M. Camara. Elle prévoit ensuite que la ministre québécoise de l’Immigration, Nadine Girault, autorise « le Certificat de sélection du Québec [CSQ] en découlant ».

Quelques minutes plus tard, les élus siégeant à la Chambre des communes ont adopté une motion du Bloc québécois qui demandait aussi au ministre Mendicino « d’octroyer, dans les plus brefs délais, la résidence permanente » à M. Camara.

« La balle est dans le camp de Marco Mendicino », a réagi Catherine Fournier sur Twitter, une fois la période des questions terminée. Dans une déclaration transmise au Devoir, le cabinet de la ministre Girault a aussi « encourag [é] le fédéral à accepter [la] requête » de M. Camara. « C’est une fois que le gouvernement fédéral répondra favorablement à la demande de M. Camara que nous, au ministère de l’Immigration, serons en mesure de délivrer un CSQ », a rappelé l’attachée de presse de la ministre, Flore Bouchon.

En entrevue au Devoir, l’avocat de Mamadi III Fara Camara, Guillaume Cliche-Rivard, a demandé au ministre Mendicino d’user de son pouvoir discrétionnaire pour octroyer la résidence permanente à son client. Arrivé au Québec il y a quatre ans avec un statut d’étudiant étranger, M. Camara craint que son statut devienne précaire, puisqu’il est actuellement incapable de reprendre ses études.

Me Cliche-Rivard a fait valoir que « la détresse et le choc vécus » par son client à la suite de son arrestation « font en sorte qu’en ce moment, ce n’est psychologiquement pas possible pour lui de poursuivre ses plans ».

« On parle d’un homme brillant, qui a des bourses d’études, qui avait des projets qui se sont effondrés du jour au lendemain. Peut-on lui permettre de se concentrer sur son mieux-être, de souffler un peu, sans craindre de se retrouver sans statut ? » a-t-il demandé.

Mamadi III Fara Camara, accusé de tentative de meurtre après avoir prétendument désarmé et blessé un policier, a été libéré de toutes les accusations qui pesaient contre lui le 3 février, après avoir passé six jours en prison. Il a été victime d’une erreur sur la personne, ce pour quoi le Service de police de la Ville de Montréal s’est excusé.

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