Le Québec doit débattre de son autosuffisance médicale, selon QS

«Je pense que cette crise-là doit nous ouvrir les yeux sur notre énorme fragilité collective en matière d’approvisionnement en vaccins, en médicament et en matériel médical et qu’on ne peut pas faire l’économie du débat», a affirmé son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Je pense que cette crise-là doit nous ouvrir les yeux sur notre énorme fragilité collective en matière d’approvisionnement en vaccins, en médicament et en matériel médical et qu’on ne peut pas faire l’économie du débat», a affirmé son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois.

Pénurie de masques, difficulté à obtenir un nombre suffisant de doses de vaccins… La pandémie a révélé la dépendance du Québec envers le gouvernement fédéral et des entreprises étrangères en matière de santé. Québec solidaire (QS) estime que la question de l’autosuffisance médicale et la création de Pharma-Québec doivent donc faire l’objet d’une étude en commission en parlementaire.

« Je pense que cette crise-là doit nous ouvrir les yeux sur notre énorme fragilité collective en matière d’approvisionnement en vaccins, en médicament et en matériel médical et qu’on ne peut pas faire l’économie du débat », a affirmé son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, en entrevue.

Le parti a fait parvenir lundi une demande de mandat d’initiative à la commission de la santé et des services sociaux sur « la pertinence de créer une société d’État » qui aurait le mandat « d’augmenter les capacités de production du Québec en vaccins, en médicaments et en matériel médical. »

Impossible de dissocier Québec solidaire et Pharma-Québec. Le parti de gauche en fait la promotion depuis sa fondation il y a 15 ans. Dès son élection en 2008, le député Amir Khadir avait déposé un projet de loi pour instaurer cette société d’État sans succès. Québec solidaire est revenu à la charge à plusieurs reprises depuis.

« Le projet de loi a été déposé quatre fois, sous quatre gouvernements différents et il s’est bonifié au fil des années », a expliqué M. Nadeau-Dubois. La production de matériel médical a été ajoutée à la nouvelle mouture déposée en septembre par Sol Zanetti. Pharma-Québec aurait ainsi pour mandat, non seulement de réduire les coûts d’approvisionnement en médicaments, en vaccins et en matériel médical, mais également d’assurer qu’ils soient disponibles lorsque les Québécois en ont besoin. Elles pourraient établir et exploiter « des usines ou d’autres établissements, sous contrôle public, pour la fabrication de médicaments génériques, de vaccins et de matériel médical ».

« Si on réalisait Pharma-Québec, ce n’est pas le gouvernement qui produirait tous les masques — ce n’est pas ça la proposition, s’est exclamé M. Nadeau-Dubois. […] Le privé aurait une place certainement dans ce domaine-là, mais on pense que le public doit jouer un rôle de général, puis d’organisateur de ce marché-là parce que c’est trop important pour qu’on laisse ça au libre marché et si la dernière année ne nous l’a pas démontré, je ne comprends pas ce que ça va prendre pour le démontrer. »

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a pris acte de la demande. « Ce sont les membres de la commission qui statueront sur cette dernière », a précisé son attachée de presse, Elisabeth Gosselin. Le Parti libéral du Québec a indiqué qu’il allait discuter de cette demande en caucus avant de se prononcer. Au moment où ces lignes étaient écrites, le Parti québécois n’avait pas indiqué s’il était favorable à une telle étude sur l’autosuffisance médicale.

Le ministère de l’Économie a déjà accordé des subventions depuis le début de la pandémie pour stimuler la production locale d’équipement de protection individuelle. Il avait notamment remis 4 millions $ en avril à l’entreprise québécoise Medicom pour accélérer la construction d’une usine de masques N95 et de masques chirurgicaux.

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