Québec allonge un autre 10 millions pour l’aide d’urgence aux transporteurs interurbains

Plusieurs lignes régionales ont vu leur fréquence réduite au minimum et certaines régions ne sont plus desservies du tout.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Plusieurs lignes régionales ont vu leur fréquence réduite au minimum et certaines régions ne sont plus desservies du tout.

Québec allonge un autre 10 millions de dollars pour soutenir le transport interurbain par autocar.

L’annonce en a été faite mardi par les ministres du Transport, François Bonnardel, et des Finances, Eric Girard.

Il s’agit d’une bonification de la première enveloppe d’aide d’urgence de 8,2 millions de dollars octroyée l’été dernier par le gouvernement Legault pour soutenir les compagnies de transport par autocar, sévèrement fragilisées par la pandémie.

Les restrictions de déplacement et la baisse dramatique de l’achalandage forcent les entreprises à faire circuler des autobus parfois presque vides. Pour cette raison, seules quelques lignes principales ont été maintenues, notamment entre Montréal et Québec, Montréal et Sherbrooke, Montréal et Rouyn-Noranda, Québec et Rimouski et Québec et Saguenay. La semaine dernière, Keolis annonçait la fin de la desserte entre Rimouski et la péninsule gaspésienne à compter du 7 février.

Plusieurs lignes régionales ont vu leur fréquence réduite au minimum et certaines régions ne sont plus desservies du tout, notamment tout le Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, le Témiscamingue et l’ensemble de l’Abitibi à l’exception de Rouyn-Noranda et Val-d’Or, pour ne nommer que celles-là.

Contrairement à l’aide initiale de juillet dernier, Québec étend cette fois son aide financière aux liaisons régionales secondaires. Le communiqué du ministre Bonnardel précise en effet que, outre le soutien des liaisons principales, l’aide vise à « maintenir la disponibilité des ressources nécessaires à la relance des liaisons secondaires, soit celles reliant majoritairement des régions rurales (et) appuyer la relance des liaisons secondaires ». Le programme est en vigueur jusqu’au 31 mars prochain, mais il vise également à soutenir les dépenses engagées par les transporteurs depuis le 17 octobre 2020.

Un modèle d’affaires à revoir

Les deux regroupements municipaux, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), ont accueilli avec soulagement cette annonce.

Dans son communiqué, l’UMQ rappelle que « la question du transport interurbain par autobus est l’une de celles qui reviennent périodiquement à l’avant-plan en raison des difficultés à assurer son financement et à maintenir l’offre de services ». Elle ajoute que, lorsque la pandémie sera derrière nous, « il sera nécessaire de se pencher sur le modèle d’affaires actuellement en vigueur à cet effet et de repositionner l’enjeu du financement dans une réflexion plus globale sur le transport collectif ».

Le président de la FQM, Jacques Demers, dont l’organisme représente les MRC et municipalités des régions, abonde dans le même sens. Il va cependant plus loin, ajoutant que « le modèle actuel favorise malheureusement la desserte des liaisons les plus rentables au détriment des régions » et ajoute qu’il faut « éviter de retomber dans une situation où les municipalités sont prises en otage », évoquant la décision unilatérale de Keolis Canada par rapport à la desserte de la Gaspésie.

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