Itinérance autochtone: Québec alloue 600 000$ à Resilience

Le ministre des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a annoncé une aide de 600 000$ au centre Resilience samedi.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a annoncé une aide de 600 000$ au centre Resilience samedi.

Moins de quatre mois pour trouver une adresse permanente pour un espace destiné aux personnes en situation d’itinérance dans un secteur du centre-ville de Montréal qui s’embourgeoise. Le tout, en pleine pandémie. C’est le défi que doit relever Resilience, un centre de jour à l’intention des habitués du square Cabot, pour la plupart inuits.

Pour ce faire, une aide de 600 000 $ a été annoncée par le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, en conférence de presse, samedi.

La somme provient du Fonds d’initiatives autochtones III en vue de l’acquisition et l’aménagement d’un immeuble d’ici le mois d’avril, moment auquel l’organisme devra quitter ses locaux actuels, à l’intersection des rues Atwater et Sainte-Catherine.

La Ville de Montréal et l’arrondissement de Ville-Marie verseront pour leur part 100 000 $ afin de soutenir les activités de l’organisme.

Pour le reste, le gouvernement mise sur l’appui du secteur privé.

La mairesse Valérie Plante espère pouvoir éviter un bris de service.

Nakuset, la cofondatrice de Resilience, affirme que l’équipe travaille jour et nuit pour éviter de laisser un vide, comme l’avait fait le départ de La Porte ouverte en 2019. Après le déménagement de ce centre de jour, les intervenants du milieu avaient signalé 14 morts en quelques mois dans ce secteur, devenu un point de convergence pour la population autochtone dans la métropole.

Au-delà des solutions à la pièce

Installés depuis un an dans un ancien restaurant réaménagé par le bras humanitaire de l’ordre des architectes, les locaux de Resilience avaient des airs de luxe avant la pandémie, se souvient Nakuset.

« Les gens entraient en pensant que c’était un café chic, puis tournaient les talons », raconte celle qui est également directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Resilience était un espace où se poser, manger, se laver et faire la sieste, avec des ressources psychosociales, entre autres.

Les mesures sanitaires limitent maintenant ses services, au moment même où la crise de la COVID-19 multiplie les besoins.

De cinq à dix nouveaux visages se présentent à Resilience chaque semaine, rapporte Nakuset.

À l’aube de la saison froide, la femme originaire de la communauté crie de Lac la Ronge, en Saskatchewan, est particulièrement inquiète.

« On est dans un contexte de crise et on fait ce qui doit être fait, mais on doit aussi regarder pour l’avenir », affirme Valérie Plante, qui veut amorcer une « réflexion beaucoup plus globale » sur l’itinérance.

« Comment est-ce qu’on s’assure que les personnes plus précaires ne se retrouvent pas toujours à la rue en fonction des crises ? Comment est-ce qu’on sort de cette logique de rajouter des ressources et des lits l’hiver venu ? C’est un modèle qui date. »

La mairesse souhaite adopter une approche plus sensible aux besoins particuliers de chaque communauté. Dans le cas des Premières Nations et des Inuits, cela passera notamment par la pérennisation de la mission de Resilience.

Selon le dénombrement effectué en 2018 à l’échelle du Québec, plus d’une personne sans-abri sur dix serait issue des communautés autochtones, une surreprésentation qui est cinq fois plus élevée par rapport à leur poids démographique.

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