Les oppositions se défendent d’avoir «marchandé» du temps avec Arruda

Tous les partis ont manifesté leurs intentions d’interroger Horacio Arruda sur les stratégies passées de gestion de la pandémie de COVID-19, mais aussi celles à venir.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Tous les partis ont manifesté leurs intentions d’interroger Horacio Arruda sur les stratégies passées de gestion de la pandémie de COVID-19, mais aussi celles à venir.

Les oppositions se sont défendues mardi d’avoir « marchandé » du temps en commission parlementaire avec le directeur national de la santé publique en échange de concessions dans deux projets de loi.

Horacio Arruda se soumettra mercredi aux questions des oppositions pendant trois heures. En parallèle — ou en contrepartie, selon les points de vue — les oppositions ont accepté d’accélérer l’étude des projets de loi 68 (sur les régimes de retraite à prestations cibles) et 66 (sur l’accélération de certains projets d’infrastructure) afin qu’ils soient adoptés avant la fin de la session parlementaire, vendredi.

« La seule personne qui a lié les deux enjeux, là, c’est le leader du gouvernement », a déclaré le libéral André Fortin. « C’est normal pour les leaders parlementaires de discuter des manières de terminer la session pour éviter un bâillon », a aussi fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois.

L’élu péquiste Martin Ouellet a avancé que le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, avait fait miroiter un tel marchandage. « D’opposer l’adoption d’un projet de loi à la venue [du Dr Arruda], on trouvait ça tout à fait aberrant », a-t-il dit.

Les oppositions ont en revanche affirmé avoir proposé certains aménagements au gouvernement afin que le projet de loi 66 — dont ils avaient largement critiqué la première mouture, abandonnée dans la foulée — réponde à leurs attentes.

André Fortin a expliqué que son parti avait demandé au gouvernement « d’étendre les pouvoirs de l’Autorité des marchés publics sur un plus grand nombre de contrats du gouvernement ». Une fois cette « mesure anticorruption » incluse, les libéraux devraient appuyer le projet de loi 66, a-t-il affirmé.

Gabriel Nadeau-Dubois a dit avoir cherché à obtenir « le plus possible de concessions de la part du gouvernement sur le plan du respect des peuples autochtones » pour arriver, à terme, à un projet de loi qui soit « le moins pire possible ». Martin Ouellet a quant à lui rappelé qu’il entendait réitérer la demande de son parti de retirer l’agrandissement du collège Dawson de la liste figurant dans le projet de loi 66.

Gestion de la pandémie

Tous les partis ont manifesté leurs intentions d’interroger Horacio Arruda sur les stratégies passées de gestion de la pandémie de COVID-19, mais aussi celles à venir. « Cette rencontre sera une première, mais j’espère que ce ne sera pas la dernière », a déclaré la cheffe libérale Dominique Anglade. Elle s’est engagée à adopter « une approche très constructive » avec le Dr Arruda. « On n’est pas là pour aller identifier des coupables et aller pointer du doigt », a-t-elle affirmé.

Manon Massé, de Québec solidaire, a quant à elle dit vouloir connaître l’avis du Dr Arruda sur la « mise sur pause » du Québec réclamée par des experts en santé et des économistes.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a dit s’attendre aux réponses les plus « franches » possible afin que les Québécois puissent en savoir davantage « sur la gestion et la préparation des prochaines étapes ».

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