Québec injecte 100 millions dans les soins à domicile

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, aux côtés de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, lors d’une conférence de presse dimanche à Montréal
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, aux côtés de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, lors d’une conférence de presse dimanche à Montréal

Pour répondre à l’augmentation de la demande, particulièrement en temps de pandémie, le gouvernement Legault bonifie de 100 millions de dollars l’aide aux soins à domicile, dont une partie servira à augmenter les salaires. Une aide bien accueillie par le réseau des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EESAD).

« Alors que le délestage des services de soutien à domicile des entreprises d’économie sociale en aide à domicile et le manque de reconnaissance des 8700 préposées d’aide à domicile ont marqué la première vague de la pandémie, nous sommes heureux de constater que le gouvernement du Québec reconnaît enfin l’importance de leur travail », soutient Benoit Caron, directeur général du Réseau de coopération des EESAD dans un communiqué de presse publié dimanche.

Mais il faut aller encore plus loin, affirme-t-il : « Nous saluons les investissements en soutien à domicile annoncés aujourd’hui, qui permettront à encore plus d’usagers de recevoir des services essentiels. Cependant, force est de constater que les besoins en soutien à domicile sont criants et nécessitent d’entreprendre immédiatement un chantier vers un virage pour faire du soutien à domicile la première option. »

 
65 millions
C’est la somme, comprise dans l’enveloppe de 100 millions de dollars annoncée dimanche par Québec qui ira aux CISSS et aux CIUSSS de la province.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, constate lui aussi que la demande pour les soins à domicile est en croissance. « Déjà, avant la pandémie, la demande pour du soutien à domicileavait commencé à augmenter, a soutenu le ministre en conférence de presse dimanche. Et comme dans d’autres domaines, la demande a été augmentée par la pandémie. On sait tous que les Québécois, de plus en plus, veulent rester chez eux le plus longtemps possible entourés des leurs. C’est un choix que notre gouvernement a à cœur. »

En compagnie de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, le ministre a annoncé dimanche matin la bonification de 100 millions de dollars, une somme récurrente qui s’ajoute aux 280 millions déjà annoncés par le gouvernement de la CAQ ces dernières années. « On en est convaincus, lesoutien à domicile, c’est la voie de l’avenir », a résumé Marguerite Blais.

De ces 100 millions, la somme de 65 millions ira aux CISSS et aux CIUSSS pour augmenter le volume et l’intensité des services. « On sert déjà 370 000 personnes dans le soutien à domicile, donc on va augmenter les heures pour certaines personnes et il y aura à peu près 1 150 personnes de plus qui vont être servies », a précisé le ministre.

L’augmentation des services va permettre également d’offrir davantage de répit aux proches aidants des personnes âgées, mais également des personnes avec un handicap physique ou intellectuel.

Une autre somme de 35 millions servira à bonifier les salaires des gens qui offrent le soutien à domicile, que ce soit dans une entreprise d’économie sociale d’aide à domicile (EESAD) ou avec des ententes de gré à gré pour les familles. Le salaire des préposés sera augmenté de 1,75 $ l’heure, passant ainsi de 14,25 $ l’heure à 16 $ l’heure.

Suivi nécessaire

Philippe Voyer, de la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval et chercheur au centre d’expertise sur le vieillissement, voit également cette annonce d’un très bon œil. « Ce qui est intéressant de cet investissement, c’est que ça va directement influer sur les salaires pour favoriser la rétention du personnel. Parce que lorsque le gouvernement a créé la formation pour devenir préposés en CHSLD avec une offre salariale annuelle de près de 50 000 $, plusieurs milieux offrant des soins à domicile ont eu de la difficulté à garder leur personnel. Et donc, je vois qu’il y a une préoccupation du gouvernement à ce sujet, et ça, c’est très positif. »

Il se réjouit des 35 millions qui iront directement dans les poches des salariés et des entreprises d’économie sociale d’aide à domicile, mais se questionne sur l’emploi des 65 millions dans les CISSS et les CIUSSS. « Vont-ils augmenter la couverture de soir, de nuit et de fin de semaine ? C’est un élément qui est souvent critiqué, car les besoins des usagers ne sont pas limités à du 9 h à 17 h du lundi au vendredi. Ça prend des services 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. »

Ces investissements supplémentaires changeront-ils vraiment les choses sur le terrain ? « L’avenir nous le dira, répond Philippe Voyer. On n’est certainement pas contre des investissements, mais ça va être important de faire le suivi sur l’intensité des services pour voir si notre modèle est performant », conclut-il. 

Une accalmie saluée par Dubé

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’est réjoui de la baisse du nombre de cas, alors que le bilan de la dernière journée s’élevait à 1211 nouveaux cas et< 15 décès, dont 2 sont survenus dans les 24 dernières heures. « 1200, comparé à 1400 et plus hier, c’est une bonne nouvelle », a affirmé le ministre en conférence de presse dimanche.

« La baisse importante depuis hier, on la retrouve dans nos régions à risque : Saguenay–Lac-Saint-Jean, Mauricie, Lanaudière. On n’est pas encore dans une tendance — une journée ne fait pas le printemps — mais prenons la bonne nouvelle où elle est, parce qu’elle baisse, mais attendons encore un petit peu. »

Au Saguenay, par exemple, le nombre de nouveaux cas est passé de 200 à 100 cas dans le dernier bilan, précise le ministre. « Ça veut dire que, lorsqu’on suit les mesures sanitaires correctement, même si ce n’est pas toujours facile, même si on est tannés, ça fait une grande différence. »

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