Traitement de faveur pour l’Ontario?

Le test rapide ID NOW a été développé par la pharmaceutique Abbott. Il permet un dépistage en moins de 15 minutes.
Photo: Carlos Osorio Associated Press Le test rapide ID NOW a été développé par la pharmaceutique Abbott. Il permet un dépistage en moins de 15 minutes.

Le Québec devrait bientôt recevoir 60 000 tests de dépistage rapide de la COVID-19 en provenance d’Ottawa. C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, vendredi, alors qu’il était talonné sur cette question par la députée libérale Marwah Rizqy.

« Je peux vous dire qu’on travaille très fort, a indiqué M. Roberge. On négocie avec les gens du gouvernement fédéral et les fameux tests Abbott seront envoyés au Québec au plus grand bénéfice des Québécois. On parle de plus de 81 000 instruments, plus de 60 000 tests. » Il n’a pas précisé quand le gouvernement québécois les recevrait.

La députée libérale Marwah Rizqy s’est indignée que l’Ontario ait reçu, la veille, l’intégralité des premiers tests livrés au gouvernement fédéral avant le Québec. « Mercredi, les 100 000 tests pour l’ensemble des provinces ont été livrés à Ottawa. Jeudi, quelle province a mis la main sur les tests ? L’Ontario. […] Pourquoi l’Ontario les a reçus en priorité et pas nous au Québec ? Seigneur Dieu, ça n’a pas de bon sens ! On est cinq fois pire que l’Ontario pour nos écoles. »

En date du 22 octobre, 881 classes étaient fermées dans les établissements scolaires québécois en raison d’éclosions de COVID-19. Le Québec est la province qui compte le plus grand nombre de cas de COVID-19 au pays, soit 98 226 depuis le début de la pandémie. L’Ontario en a détecté 68 353 jusqu’à maintenant. 

Interrogée en conférence de presse à ce sujet, la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi le Québec passera en deuxième. « Les tests rapides, on en aura 60 000 — 62 900 pour être précis — comme annoncé par mon collègue de l’Éducation ce matin, a-t-elle répété. Ça, on en aura. Il y aura un comité qui va déterminer la façon et les lieux où ces tests-là vont être distribués. »

En coulisse, on rappelle que l’Ontario avait 90 000 tests en attente de résultat au début du mois.

Selon le gouvernement fédéral, la formule de partage de ces tests de dépistage a été décidée avec les provinces. « C’est [à cause de] la situation en Ontario, avec ce qui se passe sur le terrain [qu’]on a décidé d’envoyer la première livraison des tests rapides », a expliqué le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr Howard Njoo, sans donner plus de détails sur ces besoins plus urgents en Ontario.

« Mais c’est sûr qu’avec les autres livraisons, il y aura assez de tests rapides pour toutes les provinces et tous les territoires », a-t-il ajouté. 

Le test rapide ID NOW, produit par la compagnie pharmaceutique Abbott, permet un dépistage en moins de 15 minutes. Le gouvernement fédéral en a commandé 7,9 millions à la fin du mois de septembre. La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, a indiqué qu’Ottawa s’attend à recevoir 2,4 millions de ces tests d’ici la fin de l’année.

La majorité de ces tests — 80 % — sera distribuée au prorata des provinces, tandis que les 20 % restants seront conservés par le gouvernement fédéral en cas d’urgence. « Ce n’est que le tout début des livraisons, a souligné l’administratrice en chef de la Santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam. […] On voit simplement les premières livraisons en temps réel. Mais il y aura davantage de tests dans les jours et les semaines à venir. »

Santé Canada a indiqué qu’il recevra, en tout, près de 400 000 tests rapides d’Abbott d’ici lundi, incluant 485 appareils pour les analyser. Le Québec devrait donc recevoir sa part « dans les jours suivants » la livraison.

Avec Marie Vastel

Des millions pour produire des vaccins

Ottawa poursuit sa stratégie d’accroissement de la capacité canadienne de fabrication de vaccins. Le gouvernement a annoncé vendredi qu’il verserait 173 millions de dollars à Medicago de Québec pour permettre à celle-ci non seulement de mener des essais cliniques sur son candidat-vaccin à particules pseudovirales, mais aussi se doter d’une installation de production de vaccins et d’anticorps à grande échelle. Ottawa cherche ainsi à augmenter la « capacité de biofabrication » du Canada. Ces installations, explique-t-on, seront en mesure non seulement de produire l’éventuel vaccin de Medicago si celui-ci est un jour approuvé, mais aussi celui d’une autre entreprise qui aurait atteint la ligne d’arrivée plus tôt. Dans le même esprit, Ottawa a promis une somme de 18,2 millions pour Precision NanoSystems de Vancouver et une autre de 23,2 millions pour faire progresser la mise au point de six candidats-vaccins canadiens. Ces sommes sont tirées du Fonds stratégique pour l’innovation (FSI) de 600 millions mis sur pied au printemps dernier.

Hélène Buzzetti

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