Montréal, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches passent en zone orange

La région de Montréal (en photo) était en pré-alerte jaune depuis mardi dernier.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La région de Montréal (en photo) était en pré-alerte jaune depuis mardi dernier.

Devant la progression des cas de COVID-19, le gouvernement Legault serre la vis aux résidents des régions de Montréal, de Chaudière-Appalaches et d’une partie de la Capitale-Nationale, désormais en « alerte modérée » (zone orange). Mais contrairement au plan initial, les bars et les restaurants pourront rester ouverts dans ces secteurs à condition de se plier à des règles plus restrictives.

« Les nouveaux cas augmentent, les éclosions se multiplient, et nos capacités de soigner les malades diminuent », a expliqué le ministre de la Santé, Christian Dubé, en conférence de presse dimanche, pour justifier ce passage au palier supérieur.

Dans la Capitale-Nationale, les secteurs qui tombent en zone orange sont l’agglomération de Québec, qui comprend Saint-Augustin-de-Desmaures, L’Ancienne-Lorette, Wendake, la MRC de La Jacques-Cartier, la MRC de La Côte-de-Beaupré et la MRC de L’Île-d’Orléans.

Se voulant rassurant, M. Dubé a souligné qu’il s’agissait d’une « situation temporaire ». Si les efforts des Québécois sont soutenus dans les prochaines semaines, ces régions pourraient repasser en zone jaune et même verte.

« Il n’y a pas de fatalité, c’est entre nos mains », a-t-il poursuivi, invitant tout un chacun à éviter le plus possible les visites non nécessaires, telles que les « soupers de famille, entre amis, et les partys ».

Dimanche, la province a enregistré 462 nouveaux cas de COVID-19 — un record depuis le mois de mai —, ce qui porte le nombre total de contaminations depuis le début de la pandémie à 67 542. On déplorait également cinq nouveaux décès liés au virus dimanche — dont quatre survenus entre le 13 et le 18 septembre —, ce qui donne un total de 5802 morts depuis mars.

Ainsi, de nouvelles mesures s’imposent pour inverser la tendance, et ce, dès lundi. Les rassemblements dans des lieux publics fermés, tels que les mariages, les funérailles ou de quelconques célébrations dans les lieux de culte ou une salle louée sont maintenant réduits à un maximum de 50 personnes, plutôt que 250, partout au Québec.

Une exception est accordée aux salles de spectacle, aux cinémas et aux théâtres, qui peuvent toujours recevoir jusqu’à 250 personnes puisque la distanciation physique y est plus facile à respecter.

Davantage de restrictions

Pour les régions en zone orange, les mesures sont encore plus restrictives. Les rassemblements dans des lieux publics se limitent à 25 personnes, contrairement à 50 dans les zones jaunes et vertes. Quant aux rassemblements privés, on passe d’une limite de 10 à 6 personnes, ou deux familles.

Les salles d’entraînement restent ouvertes et les activités sportives sont toujours permises, les autorités n’ayant pas observé de transmission assez importante pour justifier de les interdire.

Il n’y a pas de fatalité, c’est entre nos mains

 

Dans les CHSLD, seules les visites à des fins humanitaires et celles des proches aidants sont autorisées. Pour ce qui est des visites dans les résidences privées pour aînés, 6 personnes au maximum peuvent être présentes, incluant le résident.

Toutes les personnes vivant dans une région en « alerte modérée » sont également invitées à limiter leurs déplacements interrégionaux, qui ne sont toutefois pas formellement interdits pour le moment.

Bars et restaurants

Du côté des bars et des restaurants, le gouvernement a décidé d’alléger les règles qui devaient s’appliquer initialement lors du passage en zone orange, soit leur fermeture. Les restaurantspeuvent continuer de recevoir des clients, mais à condition que les places assises à une même table se limitent à 6. Les bars doivent pour leur part fermer à minuit et la vente d’alcool est interdite après 23 h.

Une nouvelle plutôt bien accueillie par la Nouvelle association des bars (NABQ), qui s’attendait au pire pour ses membres. Aux yeux de son président, Pierre Thibault, l’opération OSCAR menée en fin de semaine — qui visait à augmenter la cadence des visites des policiers dans les bars, restaurants et autres établissements titulaires d’un permis d’alcool — s’est bien déroulée et a sûrement joué en la faveur de ses membres. En conférence de presse, le gouvernement n’a pas dressé le bilan de l’opération, qui devrait être présenté lundi.

M. Thibault croit aussi que ses démarches auprès du gouvernement ont poussé celui-ci à faire un pas en arrière. La semaine dernière, en apprenant qu’un passage en zone orange impliquerait la fermeture des bars, la NABQ a envoyé une lettre à Québec pour faire valoir ses inquiétudes quant à la survie des établissements de ses membres et ses craintes de voir une explosion des rassemblements privés si les bars devaient fermer.

« Il faut voir les bars comme une solution pour éviter les rassemblements privés, principalement responsables des éclosions, avance-t-il. Si on ferme, les gens vont simplement se retrouver chez eux pour boire entre amis et faire la fête. Ce ne sera pas mieux, même pire en fait. » M. Thibault rappelle que le registre des clients permet, en cas d’éclosion, de retrouver plus rapidement les personnes ayant été en contact. Présentement, un nombre important de personnes contaminées refusent de collaborer avec la Santé publique, ce qui complique le travail d’enquête visant à stopper la chaîne de transmission.

En zone jaune

Par ailleurs, les régions du Bas-Saint-Laurent, de l’Estrie, de l’Outaouais, de Laval et de la Montérégie restent pour leur part au stade de « préalerte », soit en zone jaune. Dimanche, certains secteurs des régions des Laurentides et de Lanaudière ont rejoint ce niveau d’alerte. Il s’agit respectivement des MRC de La Rivière-du-Nord, de Deux-Montagnes, de Mirabel et de Thérèse-De Blainville, ainsi que des MRC Les Moulins et de L’Assomption.

Les citoyens situés en zone jaune doivent s’attendre à davantage d’inspections et à une vigilance accrue des policiers pour faire respecter les directives de santé publique, telles que le port du masque, la distanciation physique et la limitation du nombre de personnes dans les rassemblements.

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2 commentaires
  • Benoit Samson - Abonné 21 septembre 2020 04 h 05

    Effets pervers des zones multicolores du Québec et de la France

    À première vue la décision de diviser le Québec en zones multicolores selon l'intensité du problème semble logique. Elle est identique à celle utilisée en France où malheureusement, la progression de la pandémie des derniers jours y est désastreuse.
    Ces zones semblent voir des effets pervers qu’il faut évaluer et corriger de façon urgente. Il se peut que les citoyens des zones vertes baissent la garde à cause d‘un faux sens de sécurité attaché à cette appellation. Présentement, tous peuvent circuler d’une zone à l’autre sans restriction. Moins la couleur est chaude, moins les recommandations de la santé publique sur l’utilisation des mesures protectrices sont sévères, renforçant ainsi le faux sentiment de sécurité des citoyens. L’État se trouve ainsi toujours en réaction trop tardive et trop timide contre les avancées de la maladie qui font changer les couleurs des zones dans la mauvaise direction. Comme les patients peuvent être contagieux sans symptômes pendant plusieurs jours, on devrait prévenir plutôt que de réagir car il est déjà trop tard quand le nombre de cas augmente dans une zone pour y monter d’un cran sa couleur. Le cheval est déjà sorti de la grange et il est trop tard pour en claquer la porte.

    Devant l’évidence de ce début de deuxième vague par une transmission communautaire inquiétante pire que pendant la première vague, il faut mettre en place des mesures universelles de protection dans toutes les zones, de vertes à rouges. Les demi-mesures et compromis annoncés par monsieur Dubé plairont aux membres de la CAQ mais ne feront qu’empirer la situation. Il est urgent d’imposer jusqu’au printemps prochain les directives efficaces connues contre la propagation du virus : Le port du masque partout sur le territoire, à l’intérieur comme à l’extérieur, la distanciation et l’hygiène des mains en tout temps. À moins que le gouvernement soit en train d’instituer l’immunité de masse au Québec. Le cas échéant il serait approprié d’en informer la population.

  • André Nickell - Inscrit 21 septembre 2020 12 h 43

    Les manifestations anti-masque auront-elles toujours le feu vert?

    Et le gouvernement permettra-i-il toujours les manifestations anti-masque organisées par les Jean-Jacques Crècevoeur, Tadros et Cie? Pendant lesquelles des illuminés comme Cossette-Trudel et Lucie Laurieur pourront continuer à nous éclairer de leurs délires?