Les policiers auront les bars et restaurants à l’oeil ce week-end

Quelque 1000 restaurants, bars et autres établissements titulaires d’un permis d’alcool de la province recevront la visite de policiers au cours des prochains jours dans le cadre de l’opération spéciale baptisée OSCAR.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Quelque 1000 restaurants, bars et autres établissements titulaires d’un permis d’alcool de la province recevront la visite de policiers au cours des prochains jours dans le cadre de l’opération spéciale baptisée OSCAR.

Québec a annoncé vendredi le déploiement d’opérations policières dans les restaurants et les bars au cours de la fin de semaine, mais le gouvernement Legault n’entend pas sévir — pour le moment — contre les manifestants antimasque ou contre les personnes qui ne respectent pas les règles en vigueur dans les résidences privées.

Quelque 1000 restaurants, bars et autres établissements titulaires d’un permis d’alcool recevront la visite de policiers au cours des prochains jours dans le cadre de l’opération OSCAR (Opération systématisée comportements à risque).

Il s’agit là d’une augmentation de la cadence des visites. À Montréal, les policiers se sont rendus dans « plus de 1800 établissements » depuis le 22 juin. Cette moyenne de 150 visites par semaine passera à 250 au cours du seul week-end, et nécessitera le travail de 40 policiers, a affirmé le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron.

À Québec, « tous les établissements licenciés ont [déjà] été visités », a déclaré le directeur Robert Pigeon.

Cette opération est un signe clair que le gouvernement veut nous épauler. Ça va aussi aider à cerner les établis-sements délinquants. 

 

Pour la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, ce « blitz » permettra entre autres de calmer les inquiétudes causées par les « situations dans les bars » dont elle voit « régulièrement des images ». Celle qui encourage les citoyens à dénoncer les écarts de conduite dont ils sont témoins ignore combien d’éclosions de COVID-19 ont pris naissance dans des bars.

Une opération saluée

Les policiers n’auront pas le pouvoir d’ordonner la fermeture immédiate des établissements. Tout au plus pourront-ils demander une rencontre urgente avec la Régie des alcools, des courses et des jeux afin qu’elle agisse dans les 24 heures, a expliqué le directeur Caron.

L’opération OSCAR a été saluée par des associations de tenanciers. « Ça va nous aider énormément », a réagi Renaud Poulin, président de la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec. Des membres se plaignaient de clients récalcitrants aux règles sanitaires. Une présence policière accrue va calmer cette « minorité » de « têtes fortes », désormais exposées à des contraventions, dit-il.

« Cette opération est un signe clair que le gouvernement veut nous épauler, commente de son côté Pierre Thibault, président de la Nouvelle Association des bars (NABQ). Ça va aussi aider à cerner les établissements délinquants. »

L’association a d’ailleurs pressé ses quelque 200 membres à travers la province d’être « vigilants » et « disciplinés », histoire de faire bonne presse à l’industrie. Car aux yeux de M. Thibault, l’envoi de policiers est une manière pour Québec d’évaluer si les bars peuvent rester ouverts à l’orée d’une potentielle deuxième vague.

Selon le plan de reconfinement régional du gouvernement, les bars et les salles à manger intérieures des restaurants pourraient fermer dans une région qui passerait du niveau de « préalerte » (jaune) à celui d’« alerte modérée » (orange).

Rassemblements privés

Au cours de la semaine, le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé, ont exprimé de nombreuses réserves au sujet des rassemblements privés. L’un d’eux a notamment été à l’origine de 31 cas en Montérégie, en date de mardi.

Suivez l'évolution de la COVID-19 au Québec

Consultez notre tableau de bord interactif

Mais Québec n’a pas « envie d’assiéger les maisons privées du jour au lendemain », a assuré la ministre Guilbault. « Je ne suis pas en train de préparer un document ou une stratégie pour que les policiers puissent entrer sans mandat [dans une résidence privée] du jour au lendemain. »

L’élue cherche plutôt à doter les policiers de nouveaux pouvoirs leur permettant de délivrer des constats d’infraction abrégés, ou constats portatifs. Cette possibilité leur a été octroyée en avril, afin qu’ils interviennent lors de rassemblements publics contrevenant aux règles de la santé publique.

Les amendes que pourront donner les policiers en vertu des « constats portatifs » iront de 400 $ à 1000 $, selon le type d’infraction. Elles pourront atteindre 6000 $ dans les cas de récidives.

Quant aux manifestations contre le port du masque, la santé publique ne les a pas déterminées comme des « foyers d’éclosion principaux ou prioritaires », a déclaré la ministre. « Alors on les a tolérées […], mais ça dérange tout le monde de voir ça. Les règles s’appliquent à tout le monde, ce n’est pas parce qu’on manifeste contre le masque qu’on n’est pas obligé de le porter si on est à moins de 2 mètres », a-t-elle dit.


À voir en vidéo