Accès aux données de la RAMQ: Québec solidaire veut l'avis d'experts

L’élu solidaire Vincent Marissal reproche au «numéro deux» du gouvernement caquiste de «joue[r] avec des allumettes dans la poudrière des renseignements personnels».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’élu solidaire Vincent Marissal reproche au «numéro deux» du gouvernement caquiste de «joue[r] avec des allumettes dans la poudrière des renseignements personnels».

Québec solidaire veut convoquer des éthiciens à l’Assemblée nationale afin de tuer dans l’œuf l’idée de donner accès aux données de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) à des compagnies pharmaceutiques, qui trotte dans la tête du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Le parti politique de gauche presse M. Fitzgibbon à divulguer les tenants et aboutissants de son projet « inquiétant », « dangereux » et « troublant » dont il a donné un aperçu en commission parlementaire jeudi dernier. « Les Québécois, les Québécoises ne veulent pas brader leur identité et certainement pas leur dossier médical pour attirer ici les “Big Pharma” qui n’ont qu’un but dans la vie, c’est faire du fric, c’est bien connu », a fait valoir le député Vincent Marissal lors d’un point de presse mercredi.

L’élu solidaire reproche au « numéro deux » du gouvernement caquiste de « joue [r] avec des allumettes dans la poudrière des renseignements personnels ».

Son confrère Sol Zanetti demande à la Commission de la santé et des services sociaux d’« aller au bout de cette affaire-là » en recueillant l’avis d’experts en cybersécurité et d’éthiciens, sans oublier ceux de la Protectrice du citoyen, de la Commission d’accès à l’information et de la RAMQ sur la possibilité de marchander les métadonnées que cette dernière a amassées, tout en préservant l’anonymat des assurés. « Il faut qu’on soit capables de voir dans quoi ce gouvernement-là veut nous amener. À partir du moment où l’on vend, où l’on donne nos données à des multinationales, des pharmaceutiques, on perd irréversiblement le contrôle dessus », a lancé M. Zanetti dans le hall de l’Hôtel du parlement.

Pierre Fitzgibbon a déclaré jeudi dernier que les données de la RAMQ constituent une « mine d’or » d’informations, qui permettraient, selon lui, d’attirer au Québec les compagnies pharmaceutiques désireuses de créer des médicaments qui répondront à des besoins « plus ciblés ».

Le leader parlementaire de l’opposition officielle, André Fortin, a demandé mercredi à M. Fitzgibbon de « préciser sa pensée » sur la façon dont il s’y prendrait pour garantir la protection des données personnelles des Québécois. « Tout ce qui nous préoccupe dans ce dossier-là, c’est la protection des données personnelles des Québécois. La façon que le ministre l’a exprimé la semaine dernière, ce n’était pas clair qu’il avait cette préoccupation-là », a-t-il affirmé.

À voir en vidéo