François Legault défend sa gestion de la crise

Le premier ministre François Legault
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre François Legault

Le premier ministre François Legault défend sa gestion de la pandémie de COVID-19, niant tout manque de communication ayant pu aggraver la crise qui a entraîné à ce jour 5729 décès, au Québec.

Selon lui, le gouvernement a fait ce qu’il fallait durant les mois précédant l’éclosion, soit en janvier et février, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ayant préparé un plan axé sur le délestage de plusieurs milliers de lits d’hôpitaux.

Mais personne en janvier et février n’avait idée de l’ampleur que prendrait la pandémie, a soutenu le premier ministre, mercredi, lors de l’étude des crédits budgétaires 2020-2021 du Conseil exécutif, qui relève de lui.

M. Legault s’est fait bombarder de questions par la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, qui cherchait à savoir ce que le premier ministre avait fait entre le 12 janvier et le 9 mars pour préparer le Québec à affronter la pandémie.

« Comment se fait-il ? » que le gouvernement est resté les bras croisés, selon elle, alors qu’à l’échelle internationale se multipliaient les signes avant-coureurs et les voyants lumineux indiquant que la crise serait mondiale et imminente.

« Qu’est-ce qui s’est passé entre le 12 janvier et le 9 mars ? », a insisté Mme Anglade, reprochant au premier ministre de ne pas avoir anticipé la crise.

Le Québec a été frappé de plein fouet par le virus. Même s’il ne compte que 22 % de la population canadienne, le Québec a enregistré 63 % de tous les décès survenus à travers le pays depuis le début de la pandémie. Les CHSLD ont été particulièrement touchés.

Depuis mars, au Québec, 61 316 personnes ont contracté le virus.

L’étude des crédits budgétaires est un processus annuel de reddition de comptes.

D’entrée de jeu, la cheffe libérale a semblé attribuer la gravité de la crise au Québec à la lenteur du gouvernement à réagir. Notamment, elle a demandé au premier ministre pourquoi son gouvernement avait attendu le 27 février pour commander du matériel de protection médicale, alors que d’autres provinces, comme la Colombie-Britannique, étaient intervenues beaucoup plus tôt, dès janvier.

Le premier ministre a répliqué en disant que les inventaires avaient été « serrés », mais que le Québec n’avait « pas manqué de matériel » de protection, comme les masques, les blouses et les gants, à aucun moment.

Le premier ministre a aussi confirmé que la toute première rencontre sur le sujet tenue avec le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, avait eu lieu le 9 mars.

Cette rencontre a été tenue à la demande du Dr Arruda, a-t-il précisé. Une cellule de crise avait été créée par la suite.

Depuis ce jour, il dit avoir suivi toutes les recommandations formulées par le Dr Arruda pour limiter la propagation du virus.

Le seul regret du premier ministre : ne pas avoir augmenté plus tôt les salaires des préposés aux bénéficiaires.

Mme Anglade s’est interrogée par ailleurs sur les raisons ayant convaincu le premier ministre, en pleine pandémie, de délester la ministre Danielle McCann de la responsabilité de la santé et des services sociaux, pour confier ce mandat à Christian Dubé, en juin.

M. Legault a dit que la seule raison à l’origine de ce changement était le besoin qu’il avait ressenti de donner « un nouveau souffle » à la lutte contre la pandémie, une tâche qui requiert une présence sept jours sur sept.

Mme Anglade a également fait remarquer au premier ministre que les femmes avaient été particulièrement affectées par la crise, occupant en grand nombre des emplois dans des secteurs d’activité parmi les plus touchés : santé, hébergement, tourisme, restauration, services de garde, éducation. Elle lui a demandé s’il allait prendre en compte cet enjeu dans son plan de relance.

M. Legault a convenu que les femmes avaient été plus touchées que les hommes. Il a dit qu’il veillait à nommer des femmes à des postes-clés de l’administration publique, convaincu que cela rejaillirait sur l’ensemble des femmes. Il est d’avis également que pour elles les mots « requalification » et « formation » seront déterminants pour assurer leur avenir, étant donné que bien des secteurs auront peine à se relever de la crise.

Projet de loi 61 : prise deux

Le premier ministre a réaffirmé par ailleurs que son gouvernement reviendrait avec un nouveau projet de loi visant à relancer l’économie du Québec, dès la reprise des travaux parlementaires en septembre.

Les trois partis d’opposition avaient rejeté en bloc le précédent projet de loi, portant le numéro 61, en juin, considérant que le gouvernement voulait bafouer toutes les règles et s’arroger trop de pouvoirs, sous prétexte de fonctionner rapidement.

Le nouveau projet de loi, qui sera défendu par la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, va viser le même objectif, soit accélérer la réalisation de quelque 200 projets d’infrastructures.

Dans un autre ordre d’idées, il a dit avoir développé une relation de proximité avec le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, avec lequel il s’entretient toutes les semaines. Il a dit faire front commun avec lui pour discuter et négocier avec Ottawa dans divers dossiers.
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