Le masque sera obligatoire dans les transports en commun au Québec

Le gouvernement a finalement décidé d’imposer le port du masque aux usagers des transports en commun. Le premier ministre François Legault en fera l’annonce mardi, à l’occasion d’une conférence de presse à Montréal.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le gouvernement a finalement décidé d’imposer le port du masque aux usagers des transports en commun. Le premier ministre François Legault en fera l’annonce mardi, à l’occasion d’une conférence de presse à Montréal.

Le port du masque sera bientôt obligatoire dans les transports en commun. Le premier ministre François Legault doit en faire l’annonce mardi lors d’une conférence de presse à Montréal, en compagnie du nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

« On sent, dans le contexte du déconfinement, un certain relâchement un peu partout, s’est inquiété le Dr Arruda lundi. Le soleil, l’été, nous fait oublier le virus. Par contre, on sait qu’on va avoir potentiellement une deuxième vague et, donc, je vous dirais que la mise en place d’une mesure de transport collectif avec masque obligatoire est très, très fortement évaluée actuellement. »

« Je vous invite à écouter les points de presse des prochains jours pour voir qu’est-ce qui en est », a-t-il ajouté.

D’abord considéré comme peu efficace, le masque est fortement recommandé depuis le 12 mai par la Santé publique, dans les lieux où il est difficile pour les gens de respecter une distance de deux mètres, mais il n’est pas obligatoire. Il doit bien couvrir le nez et la bouche pour réellement limiter la propagation du coronavirus.

Notre pire danger, c’est qu’on oublie rapidement ce qui se passe et qu’on oublie d’appliquer les mesures de prévention

 

Quelques heures avant la conférence de presse du Dr Arruda, le gouvernement avait recommencé à publier des statistiques quotidiennes sur la COVID-19 après la levée de boucliers suscitée par son intention de les rendre publiques une fois par semaine. Selon le plus récent bilan, 37 personnes sont mortes de cette nouvelle maladie depuis le 26 juin, pour un total de 5485 depuis le début de la pandémie. Le nombre d’hospitalisations est passé de 478 à 455 durant la même période et 45 de ces patients sont aux soins intensifs. Le Québec a enregistré 311 nouveaux cas durant ces quatre jours, ce qui porte leur nombre total à 55 390.

« Nous sommes déconfinés, la situation va beaucoup mieux, mais je vous dis une chose : notre pire danger, c’est qu’on oublie rapidement ce qui se passe et qu’on oublie d’appliquer les mesures de prévention telle que la distanciation de deux mètres — c’est vraiment important —, le lavage de mains et le port du couvre-visage, surtout quand on pense qu’on ne pourra pas respecter les deux mètres », a insisté le Dr Arruda.

« C’est un déconfinement conditionnel », a-t-il rappelé.

Des experts de l’Institut national de santé publique du Québec et de l’Université Laval ont dévoilé lundi un nouveau portrait de l’évolution de la COVID-19 sur le territoire. Une forte adhésion aux mesures sanitaires continuerait de faire reculer l’arrivée d’une deuxième vague de cas autant du Grand Montréal que dans le reste du Québec, et ce, même s’il y a des voyages d’une région à l’autre. Par contre, il pourrait y avoir une augmentation du nombre d’hospitalisations et de décès dès juillet, avec une accélération en août si les Québécois respectent peu les recommandations de la Santé publique.

« Nous avons tous la responsabilité de nous préparer, ça c’est très très clair », a affirmé le Dr Arruda.

Par exemple, les travailleurs de la santé devront subir des tests de dépistage de la COVID-19 plus fréquents. Or, Le Devoir rapportait lundi que certains d’entre eux refusent de s’y soumettre. « On s’enligne vers un programme plus régulier, surtout dans une perspective où on veut réagir très rapidement, a indiqué le directeur national de santé publique. Vous savez, quand il y a des cas dans un CHSLD, plutôt que d’arriver quand il y en a 25, qu’on arrive quand il y en a seulement un et qu’on peut le contrôler, ça fait partie du processus. » Il estime que les travailleurs récalcitrants le sont probablement parce qu’ils « n’ont pas eu toutes les explications ».

Il a rappelé aux Québécois qui seraient tentés de croire toutes sortes de théories de la conspiration sur le coronavirus de faire des vérifications auprès de sources officielles, comme le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé. « Validez avec plusieurs sources cliniques officielles et méfiez-vous des choses qui n’ont pas de bon sens, a-t-il conseillé. Récemment, on m’a utilisé pour vendre des produits amaigrissants dans un journal. […] Jamais je n’ai fait ça. »

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