Débats acrimonieux à l’Assemblée nationale sur le déconfinement du secteur touristique

Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, a affirmé que les propos de François Legault étaient «minables» avant de quitter le Salon bleu.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, a affirmé que les propos de François Legault étaient «minables» avant de quitter le Salon bleu.

Les membres du gouvernement caquiste étaient à cran lors de leur retour à l’Assemblée nationale mardi. Les esprits se sont rapidement échauffés lors de la période des questions.

Le premier ministre, François Legault, est tombé à bras raccourcis mardi après-midi sur le chef parlementaire Pascal Bérubé, l’accusant de « tuer le tourisme » dans l’Est-du-Québec.

M. Bérubé s’était dit inquiet de constater que la modélisation de l’évolution de la COVID-19 produite par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ne tenait pas compte des déplacements interrégionaux. « Le voyagement entre les régions chaudes et les régions froides pourra avoir des répercussions. Comme pour le déconfinement de Montréal, le gouvernement prend à nouveau un pari risqué. Est-ce que le premier ministre peut admettre que la décision de retirer les contrôles routiers en région ne reposait sur aucune modélisation scientifique ? » a demandé le député de Matane.

En guise de réponse, M. Legault a répété avoir obtenu le feu vert du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, pour démanteler les barrages policiers. « Je sais que le chef [intérimaire] du Parti québécois était contre le fait que les gens de Montréal puissent aller dans des auberges dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Il aurait voulu continuer de bloquer le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, tuer le tourisme dans ce coin-là », a-t-il par la suite lancé.

M. Bérubé est revenu à la charge, déplorant la confusion des rôles du gouvernement et de la Santé publique durant la pandémie.

Le chef du gouvernement a répondu qu'« au moins les choses sont claires : le Parti québécois est contre l’ouverture du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie ».

Le chef péquiste s’est alors levé de son siège et est sorti du Salon bleu. « C’est minable », a-t-il laissé tomber.

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a poussé des hauts cris. « C’est inacceptable, irrespectueux. Et j’espère que… », a-t-il dit avant de se faire clouer le bec par le président de l’Assemblée nationale, François Paradis. Ce dernier a appelé les parlementaires à « mener des discussions constructives ».

Jolin-Barrette, le « matamore »

M. Jolin-Barrette a, pour sa part, envoyé une volée de bois vert à l’élu solidaire Andrés Fontecilla.

Le député de Laurier-Dorion l’avait dépeint dans une vidéo diffusée après la présentation de son nouveau projet de règlement visant à resserrer l’accès au Programme d’expérience québécoise (PEQ) comme « un matamore qui n’hésite pas à sacrifier des vies humaines pour arriver à ses fins politiques ».

« Je trouve ça odieux. […] En fin de semaine, j’ai vécu une déception, une grande déception. Je pensais que le député de Laurier-Dorion avait de l’honneur », a lancé le ministre de l’Immigration, avant d’être une nouvelle fois rappelé à l’ordre par M. Paradis.

La ministre Marguerite Blais a alors poussé un cri strident. Le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, l’a invitée à déployer « la moitié de cette énergie [qui l’anime en Chambre] pour s’occuper du dossier des CHSLD ».