Dominique Anglade n’appuie pas GNL-Québec

La nouvelle cheffe du PLQ, Dominique Anglade, s’est engagée en faveur d’un Québec carboneutre en 2050.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La nouvelle cheffe du PLQ, Dominique Anglade, s’est engagée en faveur d’un Québec carboneutre en 2050.

Tout juste couronnée à la tête du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade a tenu à rappeler mardi l’importance qu’elle accorde à l’environnement, en affirmant qu’elle n’avait jamais donné son appui au projet Énergie Saguenay de GNL Québec.

« Je n’ai pas donné… alors là, je vais vraiment en profiter pour remettre un peu les pendules à l’heure », a-t-elle lancé lorsque Le Devoir l’a interrogée sur l’opinion favorable qu’elle a exprimée sur ce projet il y a quelques jours.

« C’est clair que, a priori, il y a beaucoup d’enjeux par rapport à ça, on ne se le cachera pas. Il y a beaucoup d’enjeux pour rencontrer une carboneutralité par rapport à ce projet », a-t-elle ajouté.

Le Quotidien a rapporté le 6 mai que Dominique Anglade a donné son appui au projet Énergie Saguenay, dont le financement s’est trouvé compromis il y a quelques mois. Sa prise de position a ravi GNL Québec, dont la directrice des affaires publiques s’est dite « extrêmement contente » dans les pages du même journal.

Or, Dominique Anglade s’est engagée en faveur d’un Québec carboneutre en 2050, a-t-elle rappelé mardi. Elle s’est dite « favorable, absolument favorable » à la proposition des jeunes libéraux, qui ont demandé que le prochain gouvernement libéral mette fin aux investissements et aux subventions dans les hydrocarbures dans les deux premières années de son mandat.

La nouvelle cheffe du PLQ a par ailleurs défendu l’implication de Patrice Ryan dans sa campagne. L’expert en « affaires publiques » a été embauché en 2016 comme lobbyiste par TransCanada, afin de promouvoir le projet Énergie-Est. Il a dirigé la course à la chefferie de Dominique Anglade et assure à présent la transition de ses équipes. « Ce n’est pas lui qui tient la plume » lorsque des propositions sont formulées, a-t-elle déclaré.

« Patrice Ryan, c’est d’abord et avant tout quelqu’un qui est militant du Parti libéral depuis plus de 45 ans. »

De nouveaux pouvoirs

Après l’effondrement du vote francophone au scrutin d’octobre 2018, bon nombre de libéraux ont plaidé l’importance de prendre un virage nationaliste. Dominique Anglade, qui s’est réclamée de l’héritage de Robert Bourassa, était de ceux-là.

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Dans son entrevue avec Le Devoir, elle a affirmé avoir l’intention de réclamer de nouveaux pouvoirs à Ottawa. « Je pense qu’on doit s’affirmer encore davantage d’un point de vue québécois, tant sur la scène nationale que la scène internationale. Donc, il va y avoir des propositions très concrètes », a-t-elle déclaré.

L’élue montréalaise a refusé de fournir davantage de détails à ce sujet. « On reviendra au moment opportun là-dessus », s’est-elle contentée de dire.

La nouvelle cheffe de l’opposition officielle, première femme à prendre la tête du PLQ, mènera ce mercredi la double période de questions qui marquera le retour des élus au Salon bleu.

Face à la Coalition avenir Québec, dont elle a été la présidente en 2012-2013, elle dit vouloir miser sur une « approche constructive » et amener « des pistes de solution ». La critique ne s’en trouvera pas évacuée pour autant. « Si on formule une critique, c’est qu’on se dit qu’il y a une autre manière de faire les choses », a-t-elle déclaré.

Dominique Anglade a par ailleurs repoussé les rumeurs voulant que des « clans » se soient formés à l’intérieur du caucus libéral. Elle n’en a pas fait autant lorsqu’il a été question des remaniements auxquels elle souhaiterait procéder. « On peut s’attendre à ce qu’il y ait des changements en effet », a-t-elle déclaré, après avoir précisé que ces mutations n’auront pas lieu d’ici la fin de la session parlementaire.

Sans détour, l’ex-ministre de l’Économie a attesté qu’elle n’était « pas une cheffe de transition ». L’objectif est « clair », a-t-elle ajouté, et il la mène droit vers le siège de première ministre.

Pourquoi convoite-t-elle ce poste ? « Je pense qu’on est rendus à une étape où on doit véritablement avoir un projet de société, dans lequel les gens vont se reconnaître », a-t-elle répondu. « J’ai envie d’amener cette proposition-là et de faire en sorte que chaque personne sente qu’elle peut être tout ce qu’elle peut être, que chaque région du Québec sente ce qu’elle peut être également. »