Déconfinement: Cossette obtient le contrat pour la campagne de communication

Le gouvernement prévoit accorder au plus 15 millions de dollars par année, et ce, pour une durée maximale de trois ans à Cossette communication.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le gouvernement prévoit accorder au plus 15 millions de dollars par année, et ce, pour une durée maximale de trois ans à Cossette communication.

Cossette communication a obtenu le méga contrat de conception de la campagne sur le déconfinement du Québec de la part du gouvernement québécois. Il renforce ainsi sa domination dans la communication gouvernementale.

L’agence créative en marketing et communication a été préférée à Ogilvy, Cartier, Havas, Publicis, KBS et lg2, qui était responsable de la campagne d’information sur la COVID-19 jusqu’à maintenant.

Le gouvernement prévoit accorder au plus 15 millions de dollars par année, et ce, pour une durée maximale de trois ans à Cossette communication. L’État québécois est donc prêt à décaisser jusqu’à 45 millions de dollars — excluant les dépenses liées au placement média — afin que ses « messages » soient largement relayés dans la population après le premier assaut dans la guerre de tranchées contre la COVID-19.

La décision du Centre de services partagés du Québec (CSPQ) d’octroyer le gros contrat à Cossette communications, qui est passé entre les mains d’intérêts étrangers, a fait sourciller plus d’un joueur dans l’industrie de la publicité québécoise.

En effet, Cossette média est déjà responsable des achats médias des ministères, des organismes publics ainsi que des sociétés d’État, dont Loto-Québec, Hydro-Québec, la Société des alcools du Québec (SAQ). À ce titre, il sert de relais entre les créateurs de campagne publicitaire et les médias dans lesquels elles se déploient.

« Tout le monde a faim. Et, c’est une manne importante la publicité gouvernementale », souligne le titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing, Bernard Motulsky.

Dans un contexte de crise, si vous donnez de l’information aux gens — combien d’argent vous avez doit et où s’adresse pour l’obtenir par exemple — vous n’avez pas besoin de faire beaucoup de fantaisies et de création. C’est de l’information que les gens cherchent. Donc, on n’a pas besoin d’attirer leur attention avec des steppettes. Mais, il faut que l’information soit bien structurée, bien organisé.

 

Le gouvernement mettra la gomme pour faire connaître les mesures qu’il a retenues ou retiendra pour redémarrer l’activité économique, culturelle, touristique notamment en toute sécurité. Il diffusera de l’information sur le site Web quebec.ca/coronavirus et les comptes gouvernementaux sur les réseaux sociaux, achètera de la publicité dans les médias, effectuera une campagne d’affichage, transmettra des messages, placardera des affiches, et en mettant au point des outils numériques et des infographies destinés aux réseaux de la santé, de l’éducation, des garderies ainsi qu’aux groupes communautaires, aux organisations patronales et syndicales, aux entreprises, aux employés de l’État et à tous les élus.

« Il y a une importante opération de communication à faire, c’est clair, parce qu’on vient toucher au comportement des gens, à la confiance, mais on se sait pas avec quoi travailler, ce qu’on va pouvoir faire, pouvoir dire », explique M. Motulsky dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. « C’est un très gros mandat parce qu’on ne sait pas ce qui va se passer et on n’a pas d’expérience. On est complètement dans la brume », ajoute le professeur au département de communication sociale et publique de l’UQAM.

Cossette communication sera chargée de « la réflexion stratégique, le développement de concepts, l’élaboration de plans de communication et la production de plans média liés à la diffusion ou à la rediffusion de messages publicitaires ». Cossette médias veillera pour sa part au déploiement de ces campagnes en effectuant la planification et l’achat média.

En achetant de la pub, le gouvernement québécois aide financièrement les médias qui sont confrontés à un effondrement de leurs revenus publicitaires depuis la « mise sur pause » de l’économie québécoise, soutient la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, évaluant à 10 millions de dollars le montant dépensé chaque mois en publicités de toutes sortes. « Pour aider nos médias, nous injectons 10 millions de dollars par mois. La vaste campagne de publicité qu’on a mise sur pied, dans le fond la vérité, c’est de l’argent direct », a-t-elle déclaré en commission parlementaire jeudi dernier. « C’est une forme de subvention quand vous envoyez 10 millions direct à chaque média, à la grandeur du Québec, chaque mois. Jusqu’à présent, c’est 20 millions qui ont été injectés à cet égard. Donc, nous agissons puis nous y croyons », a-t-elle ajouté.