Dominique Anglade couronnée cheffe du PLQ

À 46 ans, Dominique Anglade devient la première femme à diriger le PLQ.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne À 46 ans, Dominique Anglade devient la première femme à diriger le PLQ.

Le couronnement surprise de Dominique Anglade à la tête du Parti libéral du Québec (PLQ) lundi, à la suite du désistement inattendu d’Alexandre Cusson, a précipité la transition au sein des équipes, où de nombreux mouvements sont à prévoir au cours des prochaines semaines.

« C’est comme un lendemain d’élections », a illustré une source avec quiLe Devoir s’est entretenu. Sauf que, cette fois, les troupes ont opéré sans calendrier.

La course à la chefferie libérale devait initialement mener à l’élection du successeur de Philippe Couillard le 31 mai.

Or, le désistement de M. Cusson a entraîné lundi une réunion d’urgence du conseil exécutif du parti, qui a choisi d’officialiser sur-le-champ la nomination de Mme Anglade.

Cinq heures à peine après l’abandon de son adversaire, l’ex-ministre de l’Économie a donc animé son premier caucus. C’est aussi elle qui mènera la période des questions pour l’opposition officielle mercredi.

Certaines personnes avec qui Le Devoir a parlé étaient inquiètes de perdre leurs emplois, leurs dossiers ou leurs fonctions. D’autres envisageaient la transition avec davantage de calme — tout en reconnaissant qu’elle mènera sans doute à de nombreux changements, tant chez le personnel que chez les officiers.

« Je ne sais pas ce qu’elle a promis à qui », a illustré une source au sein du parti. Les postes stratégiques d’officiers parlementaires — whip, président du caucus et leader — feront l’objet de toutes les convoitises au cours des prochains jours.

Abandon surprise

Dans une publication sur sa page Facebook, Alexandre Cusson a annoncé en matinée qu’il renonçait à briguer la chefferie du PLQ pour des raisons financières. Il avait quitté ses fonctions de maire de Drummondville et de président de l’Union des municipalités du Québec pour sauter dans la course. Il est donc sans revenus depuis le mois de novembre. Or, dans le contexte de pandémie actuel, « il m’apparaît irréaliste et irresponsable d’envisager une reprise de cette course dans les prochaines semaines, voire avant 2021 », a-t-il écrit dans son message de démission.

Par cela, il a réitéré une position chère à son camp, mais mal accueillie par celui de Dominique Anglade.

La demande de report de la course faite en mars par le clan Cusson a dérangé les équipes de son adversaire, au point où un militant de longue date du PLQ a menacé son parti de poursuite, en raison des nombreuses questions financières qu’aurait soulevées une suspension de la course.

Les échanges ont été « vifs », a reconnu une source de l’équipe de Mme Anglade. Son entourage souhaitait permettre au parti de se doter d’une nouvelle cheffe dès l’automne, afin de le « repositionner » dans l’imaginaire québécois, près de deux ans après la pire défaite de l’histoire du PLQ.

La candidate a profité du soutien de la majorité du caucus libéral, à l’exception de celui d’André Fortin et de Gaétan Barrette, d’abord pressentis pour la course, puis discrets sur leurs préférences. Seules deux élues du caucus appuyaient Alexandre Cusson, à savoir Lise Thériault et Marwah Rizqy.

La première a imité bon nombre de ses collègues lundi en félicitant Mme Anglade pour sa victoire, qui lui permet, à 46 ans, de devenir la première femme à la tête du PLQ.

« Fière de devenir la première femme cheffe du PLQ. Un grandparti qui a toujours été à l’avant-garde du progrès économique et social », a d’ailleurs écrit la nouvelle cheffe sur les réseaux sociaux, en remerciant son adversaire.