CHSLD: Marguerite Blais accepte une part de responsabilité

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, était présente mardi au point de presse quotidien du gouvernement aux côtés du premier ministre François Legault et du directeur national de santé publique, Horacio Arruda.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, était présente mardi au point de presse quotidien du gouvernement aux côtés du premier ministre François Legault et du directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a changé son discours mardi et accepté une part de responsabilité dans le drame qui se déroule dans les CHSLD du Québec.

« Je vais prendre ma part de responsabilité », a-t-elle lancé lors du point de presse quotidien, auquel elle participait pour une rare fois aux côtés du premier ministre, François Legault, et du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda. « Le premier ministre s’est excusé au nom du gouvernement, je suis membre du gouvernement et je prends ma part de responsabilité », a-t-elle répété.

Dans une ronde d’entrevues données vendredi dernier, la ministre a refusé de partager le blâme au sujet des bouleversements qui accablent les CHSLD, où la COVID-19 a jusqu’ici fait ses plus graves ravages.

Le Devoir lui avait demandé à trois reprises si elle acceptait une part de responsabilité. Elle avait préféré parler d’une « responsabilité collective » et rappeler le mea culpa du premier ministre François Legault, qui a déclaré le 17 avril que le Québec était « mal équipé » pour faire face au coronavirus.

Les CHSLD victimes de l’austérité

Mardi, elle a répondu « tout à fait » lorsqu’un journaliste lui a demandé si les CHSLD avaient été victimes de l’austérité de certains gouvernements, dont le dernier en date est celui de Philippe Couillard. Mme Blais a occupé le poste de ministre responsable des Aînés au sein de ce gouvernement jusqu’à son départ (provisoire) de la vie politique, en 2015.

« Quand je dis que les CHSLD ont été les mal-aimés, c’est parce qu’on a laissé ces milieux-là », a-t-elle ajouté. Comme ministre libérale des Aînés, de 2007 à 2015, elle avait « pas mal les pieds et les mains liés par rapport à tout ce qui touche les milieux d’hébergement » puisque cette mission relevait du ministre de la Santé, a-t-elle rappelé. Or à son avis, la « volonté gouvernementale » n’était pas là.

À peine ses commentaires formulés, l’ex-ministre de la Santé, le libéral Gaétan Barrette, a répliqué sur son compte Twitter. « Marguerite la Ponce Pilate. Une ministre sans influence dans tous les gouvernements où elle a participé. Zéro embauche, zéro ratios, zéro augmentation de salaires depuis son arrivée. Zéro influence », a-t-il écrit.

« J’AFFIRME que dans le gouvernement précédent, jamais Marguerite Blais n’est venue me voir pour mieux payer le personnel, embaucher plus, stabiliser localement le personnel, changer les ratios », a-t-il renchéri dans une seconde publication.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, s’est plus tard porté à la défense de sa collègue. « Eh ben. Je vous assure que dans notre gouvernement, autour de la table, lorsque Marguerite Blais parle, les collègues écoutent. C’est peut-être ça, la grande différence : l’écoute. Puis ça donne des résultats : jamais vu quelqu’un défendre son dossier avec autant de vigueur ! », a-t-il écrit.

À voir en vidéo