Le masque sera préconisé pour le service à la clientèle

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a offert un peu plus de détails vendredi sur les mesures de sécurité qui accompagneront le plan de déconfinement du gouvernement Legault attendu mardi prochain.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre du Travail, Jean Boulet, a offert un peu plus de détails vendredi sur les mesures de sécurité qui accompagneront le plan de déconfinement du gouvernement Legault attendu mardi prochain.

Les employés qui offrent un service à la clientèle en personne devront porter un masque s’ils ne peuvent faire leur travail en respectant une distanciation de deux mètres, mais le gouvernement ne les dédommagera pas pour l’équipement de protection additionnel que les commerces devront leur fournir. Le ministre du Travail, Jean Boulet, a offert un peu plus de détails vendredi sur les mesures de sécurité qui accompagneront le plan de déconfinement du gouvernement Legault attendu mardi prochain.

« Pour le port du masque, évidemment ça devra faire partie des recommandations pour les personnes qui demeurent plus de 15 minutes à l’intérieur du deux mètres », a indiqué M. Boulet lors d’une mêlée de presse virtuelle à la sortie de sa première commission parlementaire depuis le début de la pandémie. Cette recommandation est déjà appliquée dans le secteur de la construction résidentielle depuis sa réouverture lundi. Les employés qui travaillent à proximité les uns des autres doivent porter soit un masque et des lunettes, une visière ou un appareil de protection respiratoire. « Je suis extrêmement satisfait et ce sera la même condition préliminaire dans tous les milieux », a-t-il affirmé.

Des guides pour les entreprises

Des guides pour aider les entreprises à protéger leurs employés du coronavirus sont en cours d’élaboration à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui jouera un rôle prépondérant pour les faire appliquer. Elle met présentement la touche finale à un guide destiné au secteur manufacturier qui doit être dévoilé la semaine prochaine, à l’image de celui déjà publié pour les chantiers de construction. Ce dernier recommande, entre autres, de vérifier l’état de santé des travailleurs à leur arrivée, détaille quand le masque chirurgical ou la visière sont nécessaires pour se protéger du coronavirus et la fréquence à laquelle les employés doivent se laver les mains durant leur quart de travail. D’autres guides pour les secteurs minier, bioalimentaire et le commerce au détail sont également en train d’être rédigés. Verra-t-on des parois en plexiglas dans tous les magasins ? « Est-ce que ça va être une norme ? Je ne veux pas embarquer dans trop de coercition, a signalé M. Boulet en entrevue au Devoir. Ça va dépendre, par ailleurs, des autres mesures sanitaires mises en place — il va falloir s’assurer de leur efficacité —, mais les plexiglas que l’on voit de plus en plus fréquemment, je pense qu’on va en voir de plus en plus. »

Les entreprises qui s’attendaient à recevoir une aide financière du gouvernement pour les aider à appliquer les nouvelles mesures sanitaires seront déçues. Le ministre Boulet a rappelé que les employeurs ont l’obligation de fournir gratuitement l’équipement de protection individuelle nécessaire à leurs employés. « Oui, on m’a interpellé, a-t-il admis en mêlée de presse. À ce jour, il n’y a pas eu de compensation et ce n’est pas mon intention en date d’aujourd’hui de payer pour des équipements de protection individuelle qui sont requis pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs. »

Les quelque 300 inspecteurs de la CNESST seront chargés de l’application des nouvelles mesures de santé et sécurité au travail. Entre le 13 mars et le 21 avril, ils ont traité 390 plaintes liées à la COVID-19 et 17 droits de refus de travail. Le ministre Boulet n’exclut pas d’ajouter des inspecteurs si le besoin se fait sentir. La CNESST a également reçu 874 réclamations en lien avec cette nouvelle maladie. Elle en a accepté 36, en a refusé 181 et doit procéder à l’évaluation des 657 restantes.

Les entreprises ont réclamé 4 milliards

Les demandes d’aide ont afflué chez Investissement Québec depuis l’annonce du Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE) pour pallier leur manque de liquidités durant la pandémie. En tout, 800 entreprises ont réclamé 4 milliards, a indiqué le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon en commission parlementaire. De ce montant, seulement 300 millions ont été déboursés jusqu’à maintenant. « Ce n’est pas une course, a-t-il dit. Premièrement, ces compagnies-là n’ont pas besoin de l’argent tout de suite. Beaucoup ont besoin de l’argent au mois de juillet, août, septembre, alors donc il n’y aura aucun enjeu de temps et toutes les entreprises à qui nous parlons sont heureuses de l’assistance. »

 

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