Québec recourt très peu aux hôtels sollicités pour accueillir des patients

L’hôtel Courtyard Marriott Aéroport de Montréal a accueilli une vingtaine de résidents du Pavillon des bâtisseurs dans Ahuntsic-Cartierville.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir L’hôtel Courtyard Marriott Aéroport de Montréal a accueilli une vingtaine de résidents du Pavillon des bâtisseurs dans Ahuntsic-Cartierville.

Sur les 200 hôtels mis en disponibilité pour faire face à la COVID-19, seulement une poignée accueille des patients pour l’instant et ceux qui en accueillent n’en ont pas reçu beaucoup.

Ouvert aux patients depuis le 16 avril dernier, l’hôtel Le Concorde compte 6 patients et 30 employés. « On a une capacité de 50 lits et si ça se détériorait davantage, on pourrait aller jusqu’à 150 lits », explique Julie Mercier, adjointe à la direction des soins infirmiers de la Capitale Nationale. « Notre cadence augmente progressivement, mais on y va avec les besoins de la communauté. »

Déployé sur trois étages, le « centre de convalescence du Concorde » accueillait au départ des patients en provenance des hôpitaux et des gens recevant normalement des soins à domicile. Or, cette semaine, on attendait de nouvelles personnes en provenance des résidences pour personnes âgées.

Sont ciblés des gens avec la COVID-19 souffrant d’alzheimer qui font de l’errance dans les résidences et mettent les autres pensionnaires en danger. « C’est le genre de clientèle qu’on peut accueillir ici dans un étage. On peut les laisser se promener et on leur donne tout le support requis. »

Avec ses 630 cas et ses 32 décès, Québec n’a certes pas les mêmes besoins que Montréal. Or, même dans la métropole, Le Devoir a pu constater que seulement deux hôtels étaient utilisés par les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) depuis le début de la crise et qu’il était très difficile d’avoir des informations à leur propos.

Le premier se trouve à l’hôtel Place Dupuis sur le territoire du CIUSSS de l’Est. Il accueille des résidents de ressources pour personnes âgées ayant la COVID-19, mais il n’a pas été possible de savoir combien. « Par exemple, une personne ayant récemment obtenu son congé de l’hôpital, mais étant toujours positive à la COVID-19 pourra y être hébergée de façon temporaire, avant de retourner dans son milieu de vie d’origine », a indiqué le CISSS.

Des sites gardés confidentiels

L’hôtel Courtyard Marriott Aéroport de Montréal a aussi accueilli une vingtaine de résidents du Pavillon des bâtisseurs dans Ahuntsic-Cartierville. Ils « ont été transférés dans un hôtel afin d’augmenter notre nombre de lits disponibles », indique-t-on au CIUSSS du Nord de l’Île .

À Laval, un hôtel a été rénové pour pouvoir accueillir 133 personnes récemment, mais le CISSS n’a pas voulu dire lequel parce que le site abrite « une clientèle vulnérable » soit des résidents de CHSLD ou des personnes souffrant de problèmes de santé mentale.

Enfin, le CISSS de Montérégie-Ouest a requis 20 lits de l’hôtel Plaza de Salaberry-de-Valleyfield pour y aménager une zone chaude sur deux étages de l’hôtel. D’autres CIUSSS en manque d’espace ont préféré utiliser d’autres types de bâtiments. C’est le cas du CIUSSS de Centre-Sud qui a placé des gens dans l’ancien hôpital Royal-Victoria.

20 000 lits offerts

Au ministère de la Santé, on confirme que 20 000 lits sont disponibles dans les hôtels pour répondre aux besoins. Par contre, le gouvernement n’a pas lancé de directive à leur sujet et il appartient au CIUSSS d’y recourir ou non. En plus des patients, ils peuvent servir à recevoir les renforts venus de l’extérieur pour épauler le personnel.

Le gouvernement avait sollicité le réseau hôtelier dès le 14 mars pour que soient créées des listes d’hôtels potentiels, explique Dany Thibault, président de l’Association Hôtellerie Québec. « Il y en a à peu près 200 qui ont répondu présent », dit-il. « La demande initiale, c’était de décharger le système des cas non contagieux qui ne pouvaient pas retourner chez eux. Après, ça a évolué. »

Avec la suspension du tourisme, cela constitue un plan B intéressant pour bien des hôteliers. Or, M. Thibault soutient qu’ils « ne font pas ça pour créer des revenus ou des profits » et que l’objectif est « de couvrir [leurs] frais d’opération. » À l’heure actuelle, le taux d’occupation des hôtels du Québec qui sont encore ouverts oscille entre 3 et 8 % ».

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