Déplacements contrôlés dans certaines régions du Québec

Le gouvernement du Québec a annoncé que les «déplacements seront contrôlés» dans certaines régions du Québec à partir de 16 h afin d’assurer la santé des personnes vulnérables.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le gouvernement du Québec a annoncé que les «déplacements seront contrôlés» dans certaines régions du Québec à partir de 16 h afin d’assurer la santé des personnes vulnérables.

Alors que le premier ministre François Legault permettait encore vendredi aux Montrélais d'aller s'isoler dans une résidence secondaire s'ils le voulaient, le gouvernement a plutôt resserrer l'étau samedi : des barrages policiers interdisent depuis samedi 16 h l'accès aux régions du Nord et de l'Est du Québec.

Tout déplacement jugé non essentiel sera interdit dans huit régions et les voyageurs seront donc priés de faire demi-tour. L'Estrie ne fait pas partie des régions bouclées, alors que c'est un des foyers de la pandémie au Québec.

Le virus continue de faire des ravages au Québec : on compte quatre morts de plus, pour un total de 22, et un total de 2498 cas confirmés, soit 477 de plus que vendredi. Des barrages de la Sûreté du Québec ont aussi été installés près de la frontière américaine.

Des points de contrôle policier seront érigés sur les routes menant au Bas-Saint-Laurent, à l'Abitibi-Témiscamingue, à la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, à la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, au Nord-du-Québec, aux Terres Cris du Québec, et au Nunavik.

«Toutes les allées et venues seront contrôlées, sauf ce qui se rapporte aux services essentiels, tels que conçus dans la liste qu'on a publiée, tout ce qui touche la santé et l'humanitaire», a indiqué la vice-première ministre Geneviève Guilbault qui a fait le point sur la COVID-19 en l'absence du premier ministre François Legault, qui a pris une journée de congé samedi.

Mme Guilbault a admis qu'il y a des «cas d'exception» qui s'appliquent, par exemple si quelqu'un doit livrer des denrées à ses parents âgés qui sont confinés.

«Il y a toujours le gros bon sens qui s'applique» quand les forces de l'ordre doivent intervenir, a-t-elle dit. Cependant, elle demande si possible aux parents âgés de «se débrouiller autrement» avec des voisins, des amis, ou des parents vivent à proximité.

Montréal et Estrie

Quant à savoir pourquoi l'île de Montréal et l'Estrie, les deux points chauds actuels, ne sont pas soumis au même bouclage, Mme Guilbault a indiqué qu'en vertu de l'état d'urgence sanitaire déclaré vendredi dans la métropole, il y a déjà des contrôles policiers plus stricts dans des «quartiers plus problématiques».

Elle a rappelé que M. Legault avait déjà invité les citoyens à éviter de se déplacer de région en région.

À ses côtés, le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, a expliqué qu'il veut éviter que le virus se déplace des «points chauds» vers les huit régions bouclées, puisqu'on y retrouve des «populations plus âgées et plus vulnérables, avec plus de problèmes de diabète et autre», donc plus à risque.

«C'est vraiment préventif, a-t-il déclaré. On ne fait pas une barrière totale, mais on met un filtre pour retarder l'importation du virus.»

Il a assuré que ce n'était pas en raison d'un bond subit du nombre de cas dans les régions visées il n'y «pas d'indice de transmission communautaire» non plus, c'est-à-dire que les cas confirmés sont surtout des personnes qui ont des contacts avec des voyageurs revenus de l'étranger.

Hébergement touristique

Trois ministres du gouvernement du Québec ont ajouté leur contribution à l'effort de lutte contre la pandémie.

Dans la foulée de la consigne de ne pas circuler d'une région à l'autre, la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a annoncé la fermeture des établissements d'hébergement touristique jusqu'à nouvel ordre. Les terrains de camping qui accueillent les «snowbirds» à bord de leur véhicule récréatif ainsi que les hôtels font exception à cette règle.

RQAP

De son côté, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, veut accommoder le personnel du réseau de la santé en congé parental afin de permettre aux nouveaux parents de revenir au travail pour soutenir leurs collègues dans cette situation d'urgence sanitaire.

Le ministre prolonge de six mois la période à l'intérieur de laquelle les parents peuvent se prévaloir de leurs prestations du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP).

Finalement, une autre preuve que ces circonstances exceptionnelles entraînent des mesures exceptionnelles, les notaires et les huissiers peuvent désormais agir à distance.

La ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia LeBel, permet aux notaires de clore un acte notarié à distance et aux huissiers de justice de signifier des actes de procédure autrement qu'en mains propres.

Des critères strictes encadrent toutefois ces deux mesures pour s'assurer du respect des droits de chaque partie impliquée dans les dossiers.

Plus de 400 nouveaux cas

Le bilan continue de s’alourdir au Québec, ce qui pousse les autorités à appeler plus que jamais les citoyens à respecter les consignes de prévention.

On recense maintenant 2498 cas de personnes infectées à la COVID-19, soit 477 de plus que la veille. On déplore maintenant 22 décès tandis que 57 patients sont hospitalisés aux soins intensifs.

À travers le Québec, la région de Montréal compte le plus grand nombre de cas avec 1219 tests positifs. Suivent dans l’ordre l’Estrie avec 253 cas, la Montérégie avec 219 cas, Laval avec 160 cas, la Capitale-Nationale avec 148 cas et Lanaudière avec 126 cas.

Un total de 6757 cas demeure sous investigation et 43 589 personnes ont reçu des résultats de tests négatifs.

Vendredi, le premier ministre François Legault soulignait que le Québec venait de franchir une nouvelle étape au moment d’annoncer que 10 personnes de plus avaient succombé à la COVID-19 dans la province.

Samedi, c’est la vice-première ministre Geneviève Guilbault qui a appelé à garder le moral et à rester solidaire en annonçant quatre nouveaux décès.

État d’urgence à Montréal

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a déclaré l’état d’urgence sanitaire sur le territoire de l’agglomération montréalaise, vendredi, à la demande du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

La ville n’est pas en confinement ni en quarantaine, a-t-elle toutefois précisé.

Cette déclaration permet à la métropole de se doter de pouvoirs exceptionnels afin de mieux faire face à certaines situations causées par la pandémie.

Montréal est la région la plus durement touchée par la COVID-19 dans la province et la situation est très préoccupante pour les sans-abri puisque les refuges existants ont réduit considérablement leur nombre de places.

Diverses mesures sont ainsi mises en place, notamment pour freiner la propagation parmi les sans-abri.

Samedi, Montréal a procédé à la fermeture de tous les parcs à chiens dans tous les arrondissements. Elle interdit aussi l’accès à tous les jardins communautaires jusqu’à nouvel ordre.