Le bon moment pour agir, dit Isabelle Charest

Il y a un «<em>momentum</em>» actuellement au Québec pour agir dans le domaine de la violence conjugale, estime Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Il y a un «momentum» actuellement au Québec pour agir dans le domaine de la violence conjugale, estime Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine.

Il y a un « momentum » actuellement au Québec pour agir dans le domaine de la violence conjugale, estime Isabelle Charest, ministre responsable de la Condition féminine.

Au cours des trois derniers mois, six femmes ont été tuées dans un contexte de violence conjugale au Québec. Une triste réalité qui a contribué à un certain éveil des consciences, croit la ministre. « Il y a un contexte qui fait en sorte que tout le monde veut travailler dans la même direction avec un objectif commun. »

Je veux vraiment entendre les groupes pour déterminer les actions pertinentes à adopter

 

Un forum réunissant une cinquantaine d’intervenants — autant des maisons d’hébergement pour femmes, des ressources d’aide pour hommes que des organismes gouvernementaux — aura lieu ce mercredi à Montréal.

Cette rencontre était déjà prévue dans le cadre du Plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale 2018-2023. Elle prend toutefois une nouvelle teinte en raison des récents événements. « Ce sera une journée importante » pour la suite des choses, souligne la ministre en entrevue au Devoir. « Je veux vraiment entendre les groupes pour déterminer les actions pertinentes à adopter. »

Des budgets accrus

Par la suite, les yeux seront rivés vers le dépôt du budget à Québec le 10 mars. Plus de financement est attendu pour les maisons d’hébergement pour femmes, mais aussi pour les ressources d’aide pour hommes. « J’ai travaillé très fort pour ça », assure la ministre.

Cet argent frais pourrait permettre entre autres d’offrir un meilleur accompagnement aux femmes. « Actuellement, les femmes doivent toujours raconter à nouveau leur histoire [dans le système de justice], déplore la ministre. Il n’y a pas de lien qui se fait entre les différents secteurs, c’est excessivement problématique et ça fait en sorte que certaines femmes se découragent. »

Un accompagnement personnalisé est nécessaire, pointe-t-elle. La ministre reprend à cet égard une suggestion de l’organisme SOS Violence conjugale : faire en sorte qu’une marraine accompagne une victime tout au long de ses démarches judiciaires. « Ça serait fantastique. »