Paul St-Pierre Plamondon veut un examen de français obligatoire pour les cégeps anglophones

Paul St-Pierre Plamondon aspire à succéder à Jean-François Lisée à la tête du PQ.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Paul St-Pierre Plamondon aspire à succéder à Jean-François Lisée à la tête du PQ.

Un gouvernement péquiste sous Paul St-Pierre Plamondon imposerait un examen de français du ministère à tous étudiants des cégeps anglophones au Québec et en ferait une condition pour l’obtention du diplôme d’études collégiales.

Cette épreuve de français serait précédée d’un cours obligatoire de littérature et de langue française, qui devrait être ajouté à tous les programmes.

Le Devoir a obtenu copie de la liste de « mesures fortes » que le candidat à la direction du Parti québécois (PQ) veut mettre de l’avant pour « faire du français une langue commune, partagée, et contagieuse ». « Il n’y a pas de recul dans ce que je propose, a-t-il affirmé en entrevue. Il n’y a aucun préjudice pour la communauté anglophone. »

Le gouvernement québécois a la responsabilité, rappelle-t-il, de fournir les outils nécessaires à ses jeunes citoyens pour qu’ils soient capables d’intégrer le marché du travail. Il s’agit, selon lui, de valoriser la langue commune qu’est le français au Québec et d’appliquer une politique qui serait à l’avantage des anglophones.

« C’est de s’assurer qu’ils aient un accès à l’emploi égal aux francophones, parce que ce n’est pas de les aider, ce n’est pas d’être équitable de leur dire: “faites toute votre éducation en anglais, puis ensuite si jamais vous ne trouvez pas d’emploi parce qu’on réclame un niveau de français suffisant, bien bonne chance” », a-t-il fait valoir.

L’avocat de 43 ans propose également d’augmenter le nombre d’heures consacrées à l’apprentissage du français du primaire au cégep et de réserver au moins 10 % de la note finale de tous les travaux scolaires pour la qualité du français, autant dans le réseau d’éducation francophone qu’anglophone.

« En ce moment, on peut remettre un papier qu’on fait dans un cours d’histoire et la qualité de la langue française n’a pas nécessairement d’influence sur la note qu’on obtient, a-t-il constaté. Donc, ce que je dis c’est qu’en obligeant une évaluation de la qualité du français pour n’importe quel écrit qui est remis, de facto on consacre plus de temps à la compréhension et à l’étude de la langue française. »

Lutte contre l’analphabétisme

Paul St-Pierre Plamondon voudrait que la maîtrise de la langue devienne une source de fierté, notamment par l’entremise d’une « grande dictée nationale » dont les prix seraient remis par le premier ministre à l’occasion de la Fête nationale, le 24 juin.

S’il était élu chef du PQ et remportait ensuite les élections de 2022, Paul St-Pierre Plamondon s’attaquerait aussi à l’analphabétisme en accordant un « meilleur financement » aux organismes communautaires d’alphabétisation, en lançant une campagne de sensibilisation partout au Québec et en incitant les milieux de travail à offrir de la formation continue en français.

Trois autres candidats aspirent à succéder à Jean-François Lisée à la tête du PQ. Il s’agit du député Sylvain Gaudreault, de l’historien Frédéric Bastien et de l’humoriste Guy Nantel.

Immigration: Frédéric Bastien plaide pour une réduction des seuils

Le Québec devrait pouvoir diminuer sans honte le nombre d’immigrants qu’il reçoit annuellement et sélectionner ceux qui auraient plus de facilité à s’intégrer à la société québécoise : ceux qui parlent déjà français et qui « ont un bon niveau d’éducation ». C’est ce que préconise le candidat à la direction du Parti québécois Férédric Bastien dans une vidéo mise en ligne dimanche sur sa chaîne YouTube.

« Pourquoi ? Parce que les gens éduqués et les gens qui sont déjà francophones, ce sont des gens qui partagent nos valeurs laïques de façon générale, explique l’historien. Ce sont aussi des gens qui, de façon générale, partagent nos valeurs d’égalité homme-femme. »

Il plaide pour une réduction des seuils d’immigration entre 25 000 et 30 000 annuellement. À titre de comparaison, 40 546 nouveaux arrivants ont été admis au Québec en 2019.

Le Québec devrait utiliser ses pouvoirs en immigration, gagnés en 1979 sous le gouvernement de René Lévesque, « sans complexe », selon M. Bastien. « M. Lévesque a fait cette bataille parce qu’il était conscient des conséquences culturelles de l’immigration, souligne-t-il dans sa vidéo. […] Nous ne devons pas hésiter à réduire l’immigration si nous n’avons pas les immigrants que nous souhaitons avoir. Nous devons utiliser ce pouvoir dans le sens de notre intérêt national. »
6 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 18 février 2020 06 h 53

    Que répondre ?

    « Un gouvernement péquiste sous Paul St-Pierre Plamondon imposerait un examen de français du ministère à tous étudiants des cégeps anglophones au Québec » (Mylène Crête, Le Devoir)

    Excellente idée que celle d’imposer de tel examen de français aux CÉGEP anglophones : youppie !

    En passant, les Écoles anglophones (Primaire, Secondaire) sont-elles invitées à enseigner ou à programmer des cours de FRANÇAIS ?

    Que répondre ? - 18 fév 2020 -

  • Mario Guilbert - Abonné 18 février 2020 09 h 44

    Québec 2020

    Idée forte, intelligente, respectueuse et cohérente, pour relancer notre langue nationale !

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 18 février 2020 09 h 53

    Excellent !!
    Ha que le choix sera difficile pour moi entre M.Bastien et M.Plamondon.
    Pourquoi pas faire comme Qs, 2 chefs!!! Chef, Rep ?!

  • Philippe Drufovka - Inscrit 18 février 2020 12 h 19

    Intégration et immigration

    Excellentes idées de Pierre Paul Plamondon. Trop de finissants des cégeps et universités anglophones subissent de la difficulté à se trouver un emploi ici dû à leur manque de connaissances et piètre maîtrise du français.

    Sans y interdire l'accès, le gouvernement devrait aussi revoir le financement accordé aux étudiants non-anglophones dans les instituts supérieurs anglophones. Je ne vois pas pourquoi l'état devrait promouvoir une autre langue que celle nationale.

    Pour ce qui est des idées de l'historien, je ne pense que ce soit une bonne idée de réduire les seuils d'immigration. Déjà que notre population est vieillissante, que nous avons un manque de main d'oeuvre en plus d'être déficitaire aux autres provinces, je pense plus que l'on devrait augmenter ces seuils à 80- 100 000 par an.

    Toutefois, on pourrait être plus sélectif dans l'immigration choisie en imposant la passation d'un examen de français écrit et oral dans leur pays natal, à leur frais et sous notre supervision, condition obligatoire pour recevoir leur approbation pour pouvoir venir s'installer.

    Un peu similaire à ce que propose la CAQ mais plus efficace et moins dispendieux.

  • Gilles Théberge - Abonné 18 février 2020 15 h 29

    Ça va être intéressant cette course, très intéressant.