Alexandre Cusson officialise sa candidature à la chefferie du PLQ

Le maire de Drummondville restera en poste jusqu’au 31 janvier, le temps de compléter la transition à la tête de la ville qu’il dirige depuis 2013.
Photo: VALERIAN MAZATAUD LE DEVOIR Le maire de Drummondville restera en poste jusqu’au 31 janvier, le temps de compléter la transition à la tête de la ville qu’il dirige depuis 2013.

Les militants libéraux qui souhaitaient voir Alexandre Cusson se lancer dans la course à la chefferie auront été ravis samedi, mais ceux qui espéraient en apprendre davantage sur ses idées auront été déçus par sa première sortie médiatique. 

Le maire de Drummondville a confirmé en matinée qu’il affrontera l’ex-ministre de l’Économie Dominique Anglade dans la course à la succession de Philippe Couillard à la tête du Parti libéral du Québec (PLQ). Il démissionnera de son poste de maire le 31 janvier 2020. 

Les militants libéraux éliront leur prochain chef au cours d’un congrès qui aura lieu les 30 et 31 mai 2020, à Québec.

Devant les journalistes, Alexandre Cusson a contourné les questions au sujet de l’environnement et de la laïcité.

Celui qui aspire à diriger le parti des libertés individuelles s’est dit « nationaliste » et soucieux de permettre « à l’ensemble des Québécois » de se reconnaître dans la plateforme du PLQ. 

« Ça veut dire les Québécois de souche, ça veut dire aussi nos minorités, c’est l’ensemble des Québécois qui doivent se reconnaître là-dedans », a-t-il déclaré. 

Alexandre Cusson a ensuite louvoyé en tentant de définir l’expression « Québécois de souche ». 

« Vous comprenez, des gens qui sont nés ici, des gens de partout dans le monde, il y a des gens qui sont arrivés au Québec il y a des dizaines et des dizaines d’années. […]  Tout le monde, au fond... les immigrants, les gens qui sont arrivés au cours des dernières années, qu’on souhaite intégrer à notre culture, mais aussi les écouter, les comprendre » a-t-il tenté. 

Le sort de la loi sur la laïcité incertain

Il a refusé de dire ce qu’il ferait de la loi québécoise sur la laïcité, que son adversaire souhaite soumettre au test des tribunaux. 

« C’est une position qu’on va élaborer au cours des prochains mois », a déclaré Alexandre Cusson. « Évidemment, je suis en faveur d’une société laïque, d’un gouvernement laïc. Ceci dit, les droits des minorités, c’est pour moi aussi une priorité. »

Juste avant lui, Dominique Anglade a répété qu’elle ne renouvellerait pas la disposition de dérogation qui protège actuellement la loi.

Elle a refusé de dire si elle dépêcherait des procureurs de l’État pour défendre cette loi en Cour, si une contestation judiciaire devait avoir lieu pendant qu’elle était première ministre. 

« Est-ce qu’elle va défendre la loi, ou elle va rester neutre ? C’est encore une zone grise, à ce moment-là on n’a pas encore eu une réponse claire », a déploré le président de la Commission des communautés culturelles du PLQ, Mohammed Barhone. 

« Telle quelle, la loi 21, les libéraux ne peuvent pas l’appuyer. L’ADN du parti, en partie, c’est les libertés individuelles. La loi 21 restreint les libertés individuelles, sans faire de justification, sans donner d’explications. Comme militant, moi je ne peux pas appuyer une telle loi », a ajouté le militant Antoine Dionne-Charest. 

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration, Monsef Derraji, a quant à lui dit craindre que « la course se transforme en une sorte de référendum sur les “pour” et les “contre” de la loi 21 ». « Je ne pense pas que c’est ça qui va mobiliser les troupes », a-t-il déclaré. 

Alexandre Cusson et Dominique Anglade ont tous les deux dit vouloir faire de l’environnement une nouvelle priorité au PLQ. Ni l’un ni l’autre n’a voulu dévoiler samedi sa position sur le projet de liquéfaction du gaz naturel GNL-Québec. 


Comment est élu un chef du Parti libéral du Québec ?

Un nouveau mode de scrutin ... au PLQ

Le nouveau mode de scrutin du PLQ permet à tous les membres du parti de voter pour élire un chef. Le vote sera cependant calculé selon un système de points. 

  • Les votes des membres de 26 ans et plus seront comptabilisés en fonction de la circonscription à laquelle ils appartiennent. Les circonscriptions « vaudront » 2000 points chacune, et elles seront remportées par l’un ou l’autre des candidats en fonction du pourcentage des voix qui y aura été récolté. Cette partie de l’électorat permettra donc aux candidats de récolter un maximum de 250 000 points. 
  • Le PLQ a prévu une seconde banque de votes, qui compte un total de 125 000 points. Tous les votes des membres de 25 ans et moins y seront comptabilisés. 
 

Ce nouveau mode de scrutin accorde donc un poids supplémentaire à la voix des jeunes, puisqu’ils détiendront le tiers des voix. 

La course à la chefferie en bref

Pour officialiser leur candidature, les candidats doivent effectuer un dépôt de 50 000 $ et récolter la signature de 750 membres provenant d’au moins 70 circonscriptions de 12 régions. 

Une fois dans la course, les candidats pourront dépenser un maximum de 500 000$ et devront participer à cinq débats.