100 millions pour la haute vitesse en régions

En campagne électorale, la CAQ s’était engagée à investir 400 millions de dollars pour brancher tout le territoire à Internet haute vitesse.
Photo: iStock En campagne électorale, la CAQ s’était engagée à investir 400 millions de dollars pour brancher tout le territoire à Internet haute vitesse.

Afin de brancher 100 % du territoire à Internet haute vitesse, le gouvernement Legault a décidé de créer une enveloppe spécifique aux projets qui ne parviennent pas à se faire subventionner en temps normal.

L’appel de projets « Régions branchées », dévoilé vendredi, « vise des zones partiellement desservies, soit les zones non ciblées par les appels de projets du CRTC ou du gouvernement fédéral ».

L’enveloppe de 100 millions de dollars, espère-t-on, permettra de desservir 70 000 ménages de plus sur les quelque 340 000 qui ne sont pas connectés ou mal connectés à Internet haute vitesse.

Qu’entend-on par « zones partiellement servies » ? On parle ici, par exemple, des résidences situées dans des rangs plus isolés des municipalités. Dans bien des villages, les compagnies de télécommunications ont installé de la fibre optique dans le cœur du village, mais ne se sont pas rendues jusqu’aux derniers kilomètres.

Le hic, explique le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon, c’est que ces milieux ne sont souvent pas éligibles aux programmes du fédéral parce que ces derniers excluent les zones situées dans les territoires déjà partiellement branchés.

« On va cibler les gens qui ne seraient pas couverts par le prochain programme du fédéral », a expliqué le ministre en entrevue.

Subventionné uniquement par le gouvernement du Québec sans l’aide du fédéral, Régions branchés pourra rembourser jusqu’à 70 % des dépenses d’un même projet.

Le ministre Fitzgibbon table sur ce haut pourcentage pour convaincre les compagnies de télécommunications de desservir des secteurs jugés moins rentables au préalable.

Quatre programmes en cause

Après 15 ans de promesses en la matière, cette fois sera-t-elle la bonne ? « C’est un pas au moins dans la direction qu’on veut », répond le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers. « Ce qui est intéressant, c’est que ce n’est pas relié à l’argent du fédéral, donc ça fait des contraintes en moins qui pourraient nous permettre d’aller plus rapidement. »

Qu’adviendra-t-il maintenant des 270 000 résidences restantes ? Québec s’attend d’abord à ce que 110 000 soient desservies via l’ancien programme libéral Québec Branché pour lequel des ententes ont été signées ces derniers mois.

Quant aux 160 000 autres, elles seraient soutenues par deux programmes : celui du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications (CRTC) qui prévoit des investissements de 750 millions de dollars pour l’ensemble du Canada et le programme de 1,7 milliard de dollars créé par le gouvernement Trudeau qui permettrait à Québec et Ottawa de financer conjointement des projets.

Dans un cas comme dans l’autre, M. Fitzgibbon s’attend à ce que le Québec reçoive sa « quote-part », soit l’équivalent de 20-25 % des fonds.

« Dans le cas du CRTC, on pense qu’ils vont ouvrir les appels d’offres bientôt », dit-il. « Et dans le cas du fédéral, on va voir ce qui va arriver lundi prochain et s’ils vont respecter leur engagement. »

Des courts délais

Les MRC et municipalités intéressées par le nouveau programme devront faire vite puisque l’appel de projets se termine dans un mois seulement. Dans la MRC Abitibi-Ouest où les besoins sont « énormes », on trouvait cela bien rapide vendredi. « Déposer pour le 18 novembre, ça va être difficile. On est quand même assez avancé mais je sais pas si ça peut se faire techniquement. », a réagi le préfet et maire de Sainte-Germaine Boulé, Jaclin Bégin.

À la FQM, on assurait toutefois vendredi que les maires et préfets étaient prêts et que cette annonce était attendue depuis longtemps. Aux retardataires, M. Demers assure qu’il y aura d’autres appels d’offres dans le cadre du même programme.

En campagne électorale, la CAQ s’était engagée à investir 400 millions de dollars pour brancher tout le territoire à Internet haute vitesse. Or, vendredi, M. Fitzgibbon s’est dit prêt à ajouter des fonds s’il le fallait. « S’il en manque, on va en mettre plus. »

« Si on peut réussir à créer de la compétition entre les compagnies de télécommunications, c’est possible que les 400 millions de dollars soient suffisants », dit le ministre. « Sinon, on va le mettre parce que je ne veux pas qu’en 2022, il y ait une autre campagne électorale qui se fasse sur le dos de l’Internet. »